Contesté par l’ensemble des oppositions, le couvre-feu instauré par Jean-Luc Moudenc pendant la Coupe du monde de football a dominé une partie des débats du conseil municipal, ce vendredi 19 juin. Le maire assume pleinement une mesure qu’il présente comme un « acte de protection » de la jeunesse.
« Punition collective », « démagogie », « caricature »… Le ton est rapidement monté ce vendredi au conseil municipal de Toulouse, où le couvre-feu pour les mineurs a donné lieu à de vifs échanges entre majorité et opposition.
Une semaine après son entrée en vigueur, l’arrêté pris par Jean-Luc Moudenc continue de faire polémique. Pour rappel, le dispositif interdit aux mineurs de moins de 16 ans non accompagnés de circuler entre 22 heures et 6 heures dans certains secteurs du centre-ville, les soirs de matchs « sensibles » de la Coupe du monde de football.
« Un acte de protection » de la jeunesse, défend Moudenc
Dès l’ouverture de la séance, le maire de Toulouse a tenu à défendre une mesure qu’il considère comme nécessaire pour éviter les débordements. Jean-Luc Moudenc a indiqué que quinze mineurs avaient été interpellés lors des deux premières soirées concernées par le dispositif. « Les mineurs concernés ont été ramenés à leurs familles dans la sérénité. Cela montre bien que nous sommes dans une logique de protection », a-t-il assuré.
L’édile a surtout revendiqué un « acte de protection » de la jeunesse. « Il n’y a pas de volonté de sanctionner la jeunesse comme j’ai pu l’entendre. J’ai pris mes responsabilités et j’en assume les conséquences. La facilité aurait été de ne rien faire et ne rien dire », a insisté le maire.
« Une punition collective » pour l’opposition
Mais face à lui, les critiques ont fusé de toutes parts. Sans grande surprise, les griefs formulés ont repris pour l’essentiel ceux déjà exprimés ces derniers jours dans la presse. Les élus de gauche ont dénoncé une mesure jugée inefficace, disproportionnée et stigmatisante.
François Piquemal (LFI) a ainsi fustigé « une punition collective », estimant que la municipalité faisait payer à l’ensemble des jeunes les actes d’une minorité. Même tonalité du côté des socialistes. « Pour quelques dizaines de ‘petits cons’, faut-il vraiment empêcher toute la jeunesse toulousaine de profiter ? », a interrogé le socialiste François Briançon, dénonçant une décision « précipitée ».
Les oppositions se sont également interrogées sur le choix des soirées concernées par le couvre-feu, plusieurs correspondant à des rencontres impliquant des sélections africaines. « Pourquoi avoir choisi ces matchs-là ? », a lancé François Piquemal, quand Vincent Gibert a dénoncé une mesure « discriminatoire ». Les écologistes ont, eux, critiqué le signal envoyé à la jeunesse. « Vous envoyez un message qui est : vous êtes un danger pour la collectivité », a déclaré Maxime Le Texier.
« Caricature » et « outrance »
Des accusations immédiatement rejetées par la majorité municipale. Sacha Briand a dénoncé « la caricature » et « l’outrance » des oppositions, tandis qu’Émilion Esnault, adjoint au maire chargé de la sécurité, a accusé ses adversaires de faire une « exploitation démagogique » du sujet.
L’élu a mis en avant les deux premières soirées d’application du couvre-feu, qui auraient selon lui démontré l’efficacité du dispositif. « La fréquentation a été extrêmement élevée dans un esprit bon enfant. Les deux premières soirées apportent un démenti cinglant à vos accusations », a-t-il affirmé.
Au terme d’une matinée particulièrement tendue, majorité et opposition sont restées campées sur leurs positions. Une chose est sûre : loin d’apaiser le débat sur la sécurité et la jeunesse, le couvre-feu l’a au contraire ravivé au Capitole.









