EXCLUSIF. Si le GHB est tristement connu pour son utilisation comme « drogue du violeur », son précurseur, la GBL, reste beaucoup plus méconnu du grand public. Pourtant, cette substance fait l’objet d’une surveillance étroite des douanes en raison des détournements dont elle peut faire l’objet. Depuis le début de l’année, les services de Toulouse ont saisi près de 50 litres de GBL lors de contrôles menés à l’aéroport de Toulouse-Blagnac, une prise estimée à plus de 200 000 euros sur le marché illicite et à l’origine de vingt-trois procédures judiciaires. On vous révèle ces saisies.
Si le GHB est bien connu du grand public comme la « drogue du violeur », son précurseur, la GBL, reste beaucoup plus méconnu. Pourtant, cette substance peut produire les mêmes effets une fois ingérée et fait l’objet d’une surveillance accrue des autorités. À Toulouse, les douanes ont d’ailleurs multiplié les saisies ces derniers mois, mettant au jour un trafic alimenté par des importations destinées à des particuliers.
Près de 50 litres de GBL saisis
« Grâce à une coopération étendue entre les services douaniers, plusieurs constatations notables en matière de GBL ont été établies par le bureau de douane de Toulouse-Blagnac Aéro ces derniers mois, lors de contrôles de fret express et postal », indiquent les douanes.
L’aéroport de Toulouse-Blagnac est ainsi devenu un point de vigilance dans la lutte contre l’importation de cette substance. Depuis le début de l’année, les contrôles menés par les agents ont permis de saisir près de « 50 litres de GBL, pour une valeur estimée à plus de 200 000 euros sur le marché illicite de revente ».
Au total, ce sont 23 dossiers liés à cette substance qui ont été traités. Tous ont donné lieu à des suites judiciaires à la demande du parquet de Toulouse.
Pourquoi la GBL est-elle si surveillée ?
Les douanes rappellent que « la GBL comporte la particularité d’être un précurseur in vitro et in vivo du GHB. Il existe donc des pratiques de détournement de la GBL pour un usage psychotrope récréatif ou destiné à abuser d’autres personnes ».
À l’origine, la GBL est un produit chimique utilisé comme solvant ou décapant dans l’industrie. Mais une fois ingérée, elle est rapidement transformée par l’organisme en GHB, ce qui lui confère les mêmes effets psychoactifs. Pour lutter contre ces détournements, les douanes peuvent s’appuyer sur la clause dite « catch all », qui autorise la saisie d’une marchandise lorsqu’il existe un risque d’usage illicite. « En l’espèce, la marchandise provient systématiquement des Pays-Bas et est, à chaque fois, destinée à des particuliers qui n’ont pas d’activité permettant de justifier l’usage licite de ce type de produit », précisent les services douaniers.
Ce que dit la loi sur la GBL
En France, un arrêté du 2 septembre 2011 interdit la vente ou la cession aux particuliers de GBL pure, ainsi que des solutions contenant plus de 10 % de GBL dans des contenants supérieurs à 100 ml.
Dans ce contexte, les expéditions interceptées par les douanes s’inscrivent dans un schéma de fraude bien identifié, les colis étant destinés à des particuliers ne pouvant justifier d’un usage professionnel de cette substance.












