Plusieurs micocouliers de l’avenue Léon Viala à Toulouse, dans le quartier de Rangueil, sont abattus par les services municipaux depuis le mois de juin pour prévenir « un risque de chute ». Les arbres sont reconnus « en déclin physiologique » et un examen par un bureau d’études indépendant expert en arboriculture urbaine a conclu que les essences étaient attaquées par deux champignons lignivores. Les habitants s’en étonnent, dont Marco, qui déplore la méthode, qui plus est après les vagues successives de la canicule.
Marco, un habitant du quartier, n’en revient pas. « Le premier micocoulier a été abattu en juin, et quand on est revenu de vacances en juillet, il y en avait deux en moins. » Sur le trottoir de l’avenue Léon-Viala à Toulouse (Rangueil), au niveau du croisement de l’avenue Jules-Julien, trois souches d’arbres sont désormais visibles par les riverains, manifestement pas au fait de l’abattage de ces arbres majestueux qui font de l’ombre, notamment aux licenciés du boulodrome CSSR lors des fortes chaleurs.

Un homme grièvement blessé à Saint-Cyprien
Un autre micocoulier est actuellement marqué pour un abattage imminent. Sur son tronc, qui paraît sain, un affichage de la mairie de Toulouse : « Pour votre sécurité, ces arbres doivent être enlevés. Afin de prévenir un risque de chute, cet arbre en déclin physiologique et mécanique doit être abattu. » Il faut en effet rappeler qu’un homme de 77 ans a été grièvement blessé, dans la soirée du samedi 15 août, après avoir été frappé à la tête par une imposante branche tombée sur la place du Ravelin, dans le quartier Saint-Cyprien.
« Les souches n’ont pas l’air malades… »
Mais pour Marco, c’est une « aberration d’abattre des arbres dont les souches n’ont pas l’air malades, ils ont plus de cinquante ans. Nous n’avons pas été informés par la mairie. C’est très choquant, au vu des conditions actuelles du climat. On a besoin de verdure, de fraîcheur dans la ville, cela me paraît évident. »
Deux nouveaux arbres seront plantés
La ville assure que « deux nouveaux arbres seront plantés l’hiver prochain (…) à terme, leur développement sera équivalent ». L’habitant demeure perplexe sur ce remplacement végétal, estimant que dans le cas d’une prochaine canicule, « ils seront brûlés par le soleil ». Selon lui, la raison de la sécurité n’est pas la seule.
« Je pense, dit-il, qu’il s’agit de permettre la libre circulation des engins de chantier pour la construction des futurs immeubles avenue Albert-Bedouce, prévue jusqu’en 2030. La charte des arbres de Toulouse-Métropole n’est pas respectée. En ces périodes de canicule, leurs effets bénéfiques profitaient à tous. Existe-t-il un recours pour éviter cette aberration écologique ? » Apparemment, la ville reste ferme, assurant que « les micocouliers adultes sont suivis depuis de nombreuses années en raison de la présence dans cet alignement de champignons lignivores. Une expertise approfondie a été commandée à un bureau d’études indépendant expert en arboriculture urbaine, qui a conclu à une dégradation de l’ancrage racinaire par deux champignons lignivores : Ganoderma resinaceum et Perenniporia fraxinea. »












