Plus de 7 600 élèves en moins, des téléphones désormais interdits au lycée et la promesse d’un professeur devant chaque classe… À quelques jours de la rentrée, Karim Benmiloud, recteur de l’académie de Toulouse, détaille les principaux changements qui attendent élèves et enseignants.
À quelques jours de la rentrée scolaire, plusieurs défis attendent l’académie de Toulouse : baisse du nombre d’élèves, interdiction du téléphone portable au lycée, remplacement des enseignants… Comment les établissements se préparent-ils ? Karim Benmiloud, recteur de l’académie de Toulouse, répond aux questions de La Dépêche du Midi.
La Dépêche du Midi : Pouvez-vous garantir qu’il y aura un professeur devant chaque classe à la rentrée dans l’académie de Toulouse ?
Karim Benmiloud : Oui, c’est notre objectif et nous avons travaillé pendant des mois pour pouvoir le garantir. Certes, il peut toujours arriver qu’un professeur ne puisse se présenter le jour de la rentrée en raison d’un événement qui peut survenir dans les 48 heures précédentes, mais jusqu’à la dernière minute nous procédons aux ajustements nécessaires et nous mobilisons notamment les brigades de remplacement.
C’est un sujet sur lequel nous avons été très attentifs cette année, en particulier en Haute-Garonne, où ces brigades ont été considérablement renforcées. Je connais les attentes des élèves et des familles sur cette question et nous avons eu à cœur de nous donner davantage de capacité pour répondre aux absences lorsqu’elles se produisent.
La baisse démographique se poursuit dans l’académie et partout en France. Quelles conséquences aura-t-elle concrètement sur les écoles ?
C’est un défi considérable, qui nous oblige à repenser l’organisation des écoles sur le territoire. Cette année, nous perdons plus de 7 600 élèves dans l’académie, dont 6 000 écoliers. C’est beaucoup. Il faut malgré tout continuer à garantir une offre scolaire de qualité partout dans l’académie, qui couvre huit départements et reste la plus vaste de France métropolitaine.
Nous pouvons bien sûr maintenir de petites classes dans certains territoires. En revanche, lorsqu’une classe unique ne compte plus que trois ou quatre élèves, hors situations particulières comme les zones de montagne, cela devient difficilement viable.
Mais cette baisse du nombre d’élèves peut aussi avoir un effet positif : elle permet d’alléger les classes. Pour la première fois, nous atteignons à l’échelle nationale une moyenne de 21 élèves par classe dans le premier degré. Dans le même temps, le Tarn-et-Garonne fait partie des 18 départements qui expérimentent une nouvelle façon de construire la carte scolaire, avec davantage d’anticipation et de dialogue avec les élus.
L’interdiction du téléphone portable au lycée sera-t-elle réellement appliquée dès cette rentrée ?
La loi s’appliquera et l’interdiction sera respectée dès le 1er septembre. C’est une excellente nouvelle pour protéger les jeunes, notamment face aux effets de la surexposition aux écrans. Nous savons à quel point le téléphone peut prendre une place importante dans leur quotidien et empiéter sur leur temps. À travers cette mesure, notre objectif est avant tout d’instruire et de protéger les jeunes.
Il faudra évidemment appliquer cette mesure avec intelligence et discernement. Chaque établissement a ses particularités et il faudra prévoir certaines dérogations, notamment pour des élèves en situation de handicap ou présentant un trouble de santé. Il faut aussi tenir compte des lycées qui accueillent des étudiants en BTS ou en classes préparatoires, qui n’ont pas le même statut.
Sur le terrain, plusieurs solutions sont possibles. Certains établissements ont déjà installé des boîtes pour stocker les téléphones. Mais le plus simple peut aussi être de demander aux élèves de laisser leur téléphone éteint au fond de leur sac. Nous voyons déjà au collège les bénéfices de cette interdiction : davantage d’interactions entre les élèves, une meilleure concentration et de meilleures conditions d’apprentissage.
Vous avez fait de l’égalité entre les filles et les garçons l’une de vos priorités. Comment faire évoluer les choix d’orientation, encore très différents entre les filles et les garçons ?
Il faut encourager davantage de jeunes filles à se tourner vers les sciences, l’ingénierie ou l’industrie. Nous organisons pour cela des rencontres avec des femmes qui exercent ces métiers, afin de montrer dès le collège que ces filières leur sont ouvertes et de lutter contre les stéréotypes.
C’est un véritable enjeu d’égalité, d’autant que ces carrières sont souvent plus rémunératrices et que ces secteurs ont besoin de recruter. L’objectif n’est pas d’avoir moins de garçons, mais plus de filles.
Mais l’égalité fonctionne dans les deux sens. Nous devons aussi encourager les garçons à se tourner vers les humanités, les langues ou le secteur social. Ils sont également sous-orientés vers la voie générale et technologique. Ce sont les deux jambes sur lesquelles nous devons marcher pour faire avancer l’égalité entre les filles et les garçons.











