Un an après le lancement de son premier satellite, la société toulousaine Sensing poursuit son avancée dans le monde de la surveillance atmosphérique. Avec plus d’un millier de données collectées, elle cartographie la concentration en méthane au-dessus de 260 sites industriels dans le monde. Pour aller plus loin, un deuxième satellite est en cours de construction. Le plan d’investissement à 12 millions d’euros est bouclé.
À 510 km au-dessus de nos têtes, un petit cube de 50 kg repère les panaches de méthane dans l’atmosphère. Lancé en janvier 2025, le nano-satellite GESat GEN1 de l’entreprise toulousaine Sensing Atmospheric Intelligence (anciennement appelée Absolut Sensing) poursuit ses rondes quotidiennes. Sa mission ? Surveiller près de 260 sites industriels dans le monde dans le cadre du programme européen Copernicus d’observation et de surveillance de la Terre. Plus de 1 000 acquisitions ont pu ainsi être réalisées au profit de la Commission européenne et de l’Agence spatiale européenne (ESA).
Grâce à une technologie embarquée innovante, GESat GEN1 est capable de repérer un excès de méthane dans l’atmosphère dans un carré de 50 x 50 m. « Compte tenu des indications de vent, on sait identifier l’origine de l’émission et son débit. C’est beaucoup moins impactant qu’une collecte via des capteurs au sol ou des drones », explique Nicolas Fabre, directeur général de Sensing.
Un tiers des émissions de méthane sont limitables
« Le CO2 n’est pas le seul responsable du réchauffement climatique. Le méthane, gaz à effet de serre d’origine humaine, malgré une durée de vie plus courte – 10 ans -, produit un effet réchauffant 80 fois supérieur. Les deux tiers de méthane émis sur Terre sont issus de l’activité humaine et un tiers de ces émissions sont limitables, voilà pourquoi il est important de connaître la réalité du terrain. L’Europe veut réguler ça, les industriels ont la volonté d’améliorer leurs process et il y a également un enjeu de souveraineté énergétique : la réduction des émissions de méthane aurait pu compenser les effets du blocage du détroit d’Ormuz », poursuit Nicolas Fabre.
Une version améliorée pour surveiller les émissions en mer
À Toulouse, les équipes de Sensing travaillent déjà à la prochaine version du satellite. Plus lourd (entre 110 et 130 kg), GESat GEN2 pourra s’appuyer sur une plus large bande spectrale pour détecter d’autres gaz dont le protoxyde d’azote. Surtout, il permettra de surveiller les émissions de méthane en mer, au niveau des plateformes offshore, grâce à un nouveau design. Son lancement est espéré pour janvier 2028.
« Notre plan d’investissement, à 12 millions d’euros, est bouclé, avec une part de recherche et développement plus importante que sur le premier satellite », complète le directeur général qui vise la mise en orbite d’une constellation de satellites de surveillance de la planète dont le cycle de vie irait au-delà de cinq ans. De 25 employés, l’entreprise passera à 30 en fin d’année.















