Fils de l’assistance publique, bombardé enfant dans le monde pailleté du showbiz, Pierre-Michel Autissier a vécu mille vies. Aujourd’hui malade et endetté, l’ex-chanteur des Poppys, interprète du tube des seventies, « Non, non, rien n’a changé », ne se résout pas à la vie en fauteuil roulant. Lui qui n’a jamais cessé de jouer et de composer veut se lancer dans le karaoké pour réenchanter le quotidien des maisons de retraite…
« Je suis endetté, je me déplace en fauteuil roulant, j’ai 700 euros de retraite par mois et l’administration m’emmerde, mais j’en ai rien à foutre. Ce qui compte pour moi aujourd’hui, c’est d’aller vers les gens pour leur redonner le sourire en chantant »… Malgré les épreuves, Pierre-Michel Autissier a gardé son âme de saltimbanque. Prêt à reprendre sa guitare pour donner du bonheur aux résidents des maisons de retraite.

« Je compose toujours sur le logiciel Starmakersstudios et j’ai tout le matériel pour faire des karaokés d’enfer, confie-t-il. De quoi mettre l’ambiance en Ehpad, mais pas seulement. Je suis ouvert à toutes les propositions avec un répertoire de chansons joyeuses et apaisantes. Multi-instrumentiste, taquinant tout autant la « gratte » que le piano, la batterie ou le saxo, Michel-Pierre ne se résout pas à quitter le milieu de la musique qui lui a tout donné… et tout repris. « Avec les Poppys, j’étais une voix de tête et j’ai connu la popularité. On a fait rêver des millions de gens avec notre chanson Non, non rien n’a changé. Mais on n’a jamais touché d’argent, malgré trois procès, parce qu’on n’avait pas de contrat », raconte-t-il.
Célèbre à tout juste 8 ans…

C’était au lendemain de mai 68. Michel-Pierre avait à peine 8 ans quand il a intégré ce groupe de gamins du début des années 70, devenus célèbres grâce à des mélodies à succès qui dénonçaient la guerre ou avouaient le trouble des premières amours de l’enfance (« Isabelle, je t’aime »), en pleine mouvance hippie. Longtemps intermittent du spectacle, il a multiplié les concerts avec ses propres compositions ou en reprenant le répertoire de la variété française. Mais il a dû aussi enchaîner les petits boulots. Comme ouvrier, agent de sécurité ou chauffeur de bus… Jusqu’à ce que la maladie le rattrape. « Et les emmerdes », dit-il.
À 66 ans, l’ex-Poppys, est toujours endetté auprès de différents organismes de crédits pour quelques dizaines de milliers d’euros. Contraint de survivre dans son appartement au douzième étage d’une tour du quartier de la Reynerie, à Toulouse. Un univers très restreint auquel il tente d’échapper en se réfugiant à la campagne aux confins de l’Ariège où il garde une maison de temps en temps. « Je redécouvre les étoiles, la campagne, le jardinage, les arbres et les animaux. J’ai même recueilli un chat qui dort avec moi maintenant. Qui a dit que les chats noirs portaient malheur? »
Un bel élan de solidarité
L’enfant de la balle passé par l’assistance publique dit ne rien regretter. Récemment, il a fait une lourde chute, mais il reste optimiste. « Aujourd’hui, malgré tous les pépins qui me tombent dessus, je suis heureux. » Même si le rêve de remonter sur scène dans des fêtes de village s’est définitivement évanoui.
« J’ai toujours ma société de production MPA Light et je répète toujours des compos, mais mon corps ne me le permet plus », avoue-t-il. Au moins a-t-il pu se consoler en découvrant la notoriété intacte des Poppys chez les boomers, quand il avait lancé, il y a trois ans, son premier appel à l’aide. Alors qu’il était hospitalisé pour la pose d’une énième prothèse à l’épaule, son SOS avait suscité un grand courant de sympathie. D’anciens fans lui avaient même fait un chèque et la Spedidam, qui gère les droits des artistes, offert sa chaise roulante. Une solidarité que l’ex-Poppys a appréciée, malgré les cicatrices laissées par le showbiz. Les plus difficiles à effacer.














