À Toulouse, un essai clinique inédit en Europe teste un traitement à base de cellules souches chez des patients atteints d’Alzheimer. L’objectif : ralentir la progression de la maladie, voire stabiliser la dégénérescence.
Ce 21 septembre, c’est la journée mondiale Alzheimer. Alors qu’entre 1,3 et 1,4 million de Français pourraient êtreatteints par la maladie en 2030, un essai clinique innovant de thérapie cellulaire vient d’être lancé à Toulouse. En effet, une première injection de cellules souches mésenchymateuses d’origine adipeuse, c’est-à-dire qui sont issues du tissu graisseux et capables de se transformer en différents types de cellules, a été administrée à trois patients touchés par Alzheimer.
« Nous travaillons sur les piliers biologiques du vieillissement pour agir directement sur le vieillissement, le retarder ou réduire ses effets. Ici l’objectif est de ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer, voire de stopper et stabiliser la dégénérescence », indique le professeur Julien Delrieu, neurologue au CHU de Toulouse qui porte le projet de recherche A3D avec Cell Easy, seule société à détenir un agrément pour ce type de cellules souches en Europe, dans le cadre de l’IHU HealthAge.
Quels sont les objectifs de cet essai inédit contre Alzheimer ?
Reste maintenant à « évaluer la tolérance au traitement », qui se fait par injection intraveineuse unique, et « identifier ses éventuels effets indésirables », mais aussi à vérifier son efficacité et « l’accompagner de tests cognitifs ». Concrètement, cet essai inédit à l’échelle européenne vise à tester le potentiel anti-inflammatoire des cellules souches et leur action sur les plaques amyloïdes, des accumulations de protéines dans le cerveau qui sont notamment associées à la maladie d’Alzheimer.
« Sur la maladie d’Alzheimer il y a récemment eu deux études positives pour les traitements anti-amyloïdes avec les anticorps monoclonaux mais les avis sur leur efficacité divergent en Europe. Nous pensons qu’avec notre type de traitement nous pouvons avoir un résultat plus marqué sur la pathologie amyloïde mais aussi sur d’autres mécanismes impliqués dans la maladie d’Alzheimer et le vieillissement comme l’inflammation », déclare le professeur. Les résultats sont attendus pour fin 2028. S’ils sont concluants, le test sera réalisé à plus grande échelle.

















