Toulouse confirme son attractivité économique. Quatre multinationales (Sandoz, Venturi Space, Boehringer Ingelheim et Tekever) annoncent 760 millions d’euros d’investissements dans la Ville rose, avec à la clé plusieurs centaines d’emplois qualifiés dans les secteurs de la santé, du spatial et des nouvelles technologies.
La santé, le spatial, les nouvelles technologies. Trois domaines industriels, autres que l’aéronautique, dans lesquels Toulouse dispose d’un écosystème d’excellence. D’ailleurs, pour la troisième année consécutive, le Baromètre Arthur Loyd désigne la Ville rose comme la grande métropole la plus attractive de France. Une distinction remarquée jusqu’au sommet Choose France, organisé à Versailles le 1er juin dernier, qui a réuni plus de 200 dirigeants d’entreprises de près de 50 nationalités différentes autour des grands enjeux de souveraineté énergétique, industrielle et numérique.
C’est lors de cet événement économique que quatre multinationales, évoluant dans des secteurs d’activité différents, ont annoncé près de 760 millions d’euros d’investissements qu’elles réaliseront à Toulouse : Sandoz (groupe suisse pharmaceutique), Venturi Space (entreprise monégasque spécialisée en recherche et technologie spatiales), Boehringer Ingelheim (entreprise pharmaceutique allemande) et Tekever (entreprise portugaise spécialisée dans les systèmes autonomes et les drones). « Une fierté », commente le maire Jean-Luc Moudenc, qui voit là « des perspectives de développement pour la ville et la création de plusieurs centaines d’emplois hautement qualifiés sur le territoire ».
Des investissements et des emplois
Des promesses que Jean-Luc Moudenc a tenu à présenter dans le prestigieux salon rouge du Capitole ce mardi 23 juin, en présence de trois des quatre entreprises. Venturi Space, qui vient de s’installer à Toulouse, assure ainsi créer 200 emplois, en investissant 250 millions d’euros. Quant à Tekever, déjà présent dans la Ville rose depuis 2024, elle promet de générer 200 emplois supplémentaires, en injectant 200 millions d’euros sur cinq ans, pour développer son siège français et son centre de recherche.
Si les entreprises Sandoz et Boehringer Ingelheim, implantées depuis plusieurs années à Toulouse, ne sont pas avancées sur le nombre d’emplois induits par leur développement toulousain, elles ont précisé le montant de leurs investissements : respectivement 150 et 160 millions d’euros. Le choix de s’installer ou d’intensifier leurs activités dans la Ville rose résulte pour beaucoup de l’écosystème industriel et scientifique qu’offre la ville.
« Un tissu économique sans pareil »
« L’environnement toulousain est idéal pour nous ! » affirme Xavier Chevrin, directeur de Venturi Space France, filiale de Venturi, groupe spécialisé dans la conception de véhicules autonomes. Il s’apprête à ériger, à Montaudran, un bâtiment de 16 000 m² qui accueillera un bureau d’études et un centre technologique du spatial pour le développement d’un nouveau rover spatial.
« Il fallait à Gildo Pastor, président du groupe, une ville située dans un pays européen qui ait du poids et intimement liée à l’aéronautique et au spatial. Toulouse s’est imposée. Nous disposons ici du CNES, d’un tissu économique sans pareil dans notre domaine, de partenaires comme la Cité de l’Espace, ou Supaéro… », énumère Xavier Chevrin.
« L’excellence du territoire »
« La proximité de l’Oncopole, du campus “Santé du Futur” et le dynamisme de la R&D dans le domaine de la santé reflète l’excellence du territoire. C’est dans ce vivier de compétences que nous souhaitions nous développer », explique Sophie N’Gouat, responsable du site toulousain du géant pharmaceutique Sandoz, leader mondial des médicaments génériques et des biosimilaires.
Pour le groupe, l’opération est stratégique car, « dans 10 ans, les génériques, qui représentent 320 milliards de dollars de chiffre d’affaires, vont perdre leur protection par brevet », précise la directrice de l’usine de production locale. Afin de résister à cette perspective, Sandoz a décidé de miser sur sa capacité à augmenter le volume de fabrication, la qualité, l’accessibilité et le “made in Europe”. Pour cela, le site toulousain, qui travaille sur deux lignes de production, va en ouvrir une troisième d’ici 2034.
« Un écosystème logistique solide »
Augmenter sa capacité industrielle, c’est aussi l’objectif de la société Boehringer Ingelheim. Plus précisément, celle de ses solutions buvables et de ses comprimés pour animaux. Pour cela, l’entreprise va densifier son usine toulousaine, entièrement dédiée à la santé animale (produits pharmaceutiques vétérinaires, notamment antiparasitaires) en y ouvrant de nouvelles lignes de production, d’ici 2030.
Implanté à Toulouse, dans le quartier de Lardenne, depuis 120 ans, le choix de renforcer sa production dans la capitale occitane étant donc plutôt naturel. Mais Serge Viala, directeur du site, précise les intentions du laboratoire allemand qui avait mis en compétition plusieurs de ses sites pour ramener en Europe son usine mexicaine. « La Ville rose offrait les meilleures garanties de fiabilité à fournir les clients et de qualité. L’écosystème logistique y est également solide et le suivi des partenaires publics favorable », détaille-t-il.
Le facilitateur Toulouse Team
En effet, parmi ces derniers figurent la Région Occitanie, qui intervient financièrement pour soutenir les implantations d’entreprises, et Toulouse Métropole, via son agence d’attractivité Toulouse Team, qui facilite leur installation en assurant un accompagnement dans les différentes procédures juridiques, dans le repérage du foncier, qui actionne des leviers pour accélérer les démarches administratives.
Un partenariat gagnant-gagnant pour sa présidente, Isabelle Ferrer : « Nous favorisons les conditions d’installation de ces entreprises, qui, elles, travailleront avec tout l’écosystème local existant, engendrant la création d’emplois directs et indirects. » Des intentions communes que les représentant de Sandoz, Venturi Space, Boehringer Ingelheim et le maire de Toulouse ont officialisé par la signature d’un protocole d’accord ce mardi 23 juin.













