Un premier cas autochtone de chikungunya a été confirmé dans le Tarn, à Saint-Amans-Soult. Les autorités sanitaires ont lancé des investigations pour surveiller une éventuelle circulation du virus, avec une enquête sur la présence du moustique tigre et une recherche de nouveaux cas autour de la commune.
Après un cas de Dengue à Carmaux, le premier cas français de chikungunya autochtone de la saison a été repéré dans le Tarn. Une infection, contractée localement, qui a été confirmée à Saint-Amans-Soult, dans le Sud du département, d’après le dernier bulletin de surveillance des arbovirus, famille de maladies virales à laquelle appartiennes la dengue, le chikungunya et le Zika, publié par Santé publique France. Jusqu’ici, les cas recensés sur le territoire étaient liés à des contaminations survenues après un voyage dans des zones du monde où le virus circule activement.
Le patient concerné aurait été infecté par l’intermédiaire du moustique tigre, qui peut transmettre le virus après avoir piqué une personne contaminée. Santé publique France indique que « les investigations sont en cours » afin de déterminer précisément les circonstances de cette transmission et d’évaluer le risque d’apparition de nouveaux cas.
Selon les données communiquées par l’agence sanitaire, les premiers symptômes sont apparus le 9 juillet dernier. À ce stade, un seul cas a été identifié dans la commune de Saint-Amans-Soult, mais la découverte de cette contamination a conduit les autorités à mettre en place rapidement un dispositif de surveillance autour du secteur.
Des investigations lancées pour limiter le risque de propagation
Depuis la confirmation de ce cas, plusieurs équipes sont mobilisées sur le terrain. L’Agence régionale de santé (ARS), Santé publique France, les professionnels de santé locaux et les opérateurs spécialisés coordonnent leurs actions pour tenter d’empêcher une éventuelle circulation du virus.
Une enquête entomologique est actuellement menée afin de vérifier la présence du moustique tigre dans la commune et d’identifier d’éventuels sites de reproduction. Ces recherches doivent permettre de mieux évaluer le niveau de risque et, si nécessaire, de déclencher des interventions adaptées. En cas de présence avérée du moustique vecteur dans les zones ciblées, des opérations de démoustication pourront être réalisées.
Au-delà de la surveillance des moustiques, les autorités sanitaires cherchent également à détecter d’éventuelles contaminations supplémentaires. Une recherche active de cas doit être menée auprès des habitants vivant dans l’environnement proche du cas confirmé, tandis que les professionnels de santé du territoire ont été sensibilisés pour repérer plus rapidement de possibles nouveaux patients.
La Mairie de Saint-Amans-Soult a relayé ces informations auprès de la population et invite les habitants à coopérer avec les équipes chargées des investigations. La commune précise que les agents de l’opérateur de démoustication Altopictus (mandaté par l’ARS) et les enquêteurs épidémiologistes intervenant sur place « sont tous munis d’une carte professionnelle ».
Le chikungunya et les autres arbovirus sous surveillance en Occitanie
Cette détection dans le Tarn intervient dans un contexte de vigilance renforcée en Occitanie. Avec la progression du moustique tigre sur une grande partie du territoire, les autorités sanitaires suivent de près les cas de maladies transmises par ce vecteur, notamment pendant la période estivale.
Dans son bulletin publié le 29 juillet, Santé publique France fait état de plusieurs épisodes de transmission locale dans la région et les départements voisins. Deux cas autochtones de dengue ont notamment été recensés en Occitanie, dans le Tarn et dans l’Hérault. Une infection locale au virus West Nile a également été signalée dans les Pyrénées-Orientales.
À l’échelle nationale, le dispositif de surveillance renforcée mis en place du 1er mai au 30 novembre a permis d’identifier, depuis son lancement, 87 cas importés de chikungunya, 261 cas importés de dengue et neuf cas importés de Zika en France hexagonale, selon les chiffres de Santé publique France.











