Ancien ministre, ancien parlementaire, aujourd’hui conseiller départemental du Tarn-et-Garonne, patron de La Dépêche du Midi et président du syndicat de la PQR, Jean-Michel Baylet est une figure de la région toulousaine et de l’Occitanie. Maire de Valence-d’Agen entre 1977 et 2001, puis de nouveau depuis 2020, l’homme politique de 79 ans est candidat à sa réélection lors de ces municipales dans le Tarn-et-Garonne. Face à lui, une seule liste, celle de Patrick Large, dont le Rassemblement national a récemment rappelé qu’il ne l’a pas investi.
Mais la décision de Jean-Michel Baylet de se représenter n’est semble-t-il pas du goût de tout le monde puisque, à deux semaines du premier tour de ces élections, une pétition a été lancée par le mouvement de lutte contre les violences faites aux enfants Mouv’Enfants, qui exige le retrait de sa candidature en raison d’une plainte pour agression sexuelle le visant, plainte aujourd’hui classée sans suite. Le mouvement invoque notamment l’exigence d’exemplarité des élus. Adressée à Jean-Michel Baylet et à Guillaume Lacroix, président du Parti radical de gauche, la pétition a déjà recueilli plus de 11 000 signatures en l’espace de quelques jours.
« Une question politique et morale »
Dans ce texte, Mouv’Enfants rappelle que le Toulousain Jean-Michel Baylet « a été condamné pénalement en 2003 par le tribunal correctionnel de Paris à 6 mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende, pour des faits d’abus de biens sociaux, de recel d’abus de biens sociaux, de faux et usage de faux, dans une affaire liée à la gestion du groupe de presse La Dépêche du Midi ».
Si l’association reconnaît qu’il n’y a aucune mesure d’inéligibilité, elle met en avant une question « politique et morale », considérant qu’une condamnation pénale pour atteinte à la probité « interroge légitimement la capacité à incarner cette exemplarité ».
Mais le cœur de la mobilisation du mouvement vient de la plainte déposée en 2020 par Nathalie Collin, fille de l’ancien sénateur Yvon Collin, qui accuse Jean-Michel Baylet de viol et d’agressions sexuelles sur mineure. Si l’affaire a été classée sans suite en 2022 pour prescription des faits et que Mouv’Enfants assure respecter la présomption d’innocence, le texte précise : « Par cette pétition nous disons : Nathalie, nous te croyons. Nathalie, nous te protégeons. Nous exigeons un principe de précaution que Jean-Michel Baylet aurait dû lui-même s’appliquer. »
À travers cette pétition, l’organisation tient à rappeler que « 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France » et exige l’imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur mineur. Contactés par nos soins, Jean-Michel Baylet, Guillaume Lacroix et le Parti radical de gauche n’ont pu être joints.






















