La collecte des Restos du Cœur en Haute-Garonne a lieu les 6,7 et 8 mars. Elle est cruciale pour répondre à la précarité croissante. L’année dernière, 213 tonnes ont été récoltées. Chaque don compte.
Ce week-end, c’est la grande collecte des Restos du Cœur. En Haute-Garonne, ce rendez-vous garantit près de 700 000 repas ; chaque produit compte pour atteindre ce chiffre ?Aujourd’hui, au niveau même national des Restos du Cœur, les dons en nature représentent un peu plus de 50 % de l’ensemble de nos sources d’approvisionnement. C’est la même chose ici en Haute-Garonne. Nous organisons, nous, deux collectes, une en octobre, qui est uniquement départementale. Et bien sûr, nous participons à la collecte nationale qui se déroule donc ce week-end des 6-7 et 8 mars, au niveau national. Et sachant que cette collecte-là a représenté, en tous les cas, en 2025, et on espère aller au-delà cette année, pas loin de 28 % de nos approvisionnements. Donc, elle est cruciale, surtout face à une précarité grandissante.
L’année dernière, 213 tonnes ont été récoltées dans le département : quel objectif chiffré vous fixez-vous pour cette édition 2026 afin de répondre à la précarité croissante ?On veut le dépasser mais nous ne nous sommes pas fixés d’objectif précis. En revanche, nous avons choisi de recentrer la collecte sur des produits vraiment essentiels, compte tenu de l’augmentation des demandes et des coûts auxquels nous devons faire face.
Concrètement, si un habitant de la Haute-Garonne souhaite donner, au-delà des conserves habituelles, quels sont les produits spécifiques dont les centres de Haute-Garonne manquent le plus actuellement ?Ce dont nous manquons le plus, ce sont les produits indispensables pour proposer des repas équilibrés : les protéines, comme les pâtés, les conserves de poisson (thon, sardines), les plats cuisinés, de préférence en petits formats. Nous avons aussi besoin d’accompagnements : conserves de légumes, soupes en briques, légumes secs, pâtes, riz, purée. Enfin, pour les desserts : gâteaux secs, tablettes de chocolat, compotes individuelles, fruits au sirop.
Et les produits d’hygiène ?Cette année, le mot d’ordre national est de se concentrer sur les produits essentiels pour constituer les repas. Les produits d’hygiène sont donc un peu mis de côté, même si tout don supplémentaire est évidemment bienvenu. Nous devons avant tout assurer le quotidien alimentaire. En revanche, les collectes pour les bébés restent importantes : petits pots, couches, etc. Mais cette année, nous avons la contrainte de ne pas pouvoir collecter des laits infantiles en raison de problèmes actuels.
Face au contexte actuel et à la baisse du pouvoir d’achat, craignez-vous une diminution de la générosité des donateurs locaux lors de leur passage en caisse ?Jusqu’à présent, nous constatons que la générosité est toujours là. Elle s’adapte bien sûr aux possibilités de chacun, mais elle ne faiblit pas.
Vous accueillez près de 20 000 personnes dans vos 35 centres départementaux : observez-vous l’arrivée de nouveaux profils de bénéficiaires ?Oui. Nous voyons de plus en plus de familles monoparentales, encore plus qu’avant, ainsi que de nombreux jeunes. Certains centres ont d’ailleurs adapté leurs horaires pour les étudiants. Nous accueillons aussi davantage de personnes âgées seules.
Près de la moitié des participants à cette opération sont des bénévoles d’un jour, les équipes sont-elles complètes ou manque-t-il encore des bras ?Nos plannings se remplissent bien, mais nous avons toujours besoin de renforts. Toute aide, même d’une heure ou deux, est précieuse. Les personnes intéressées peuvent s’inscrire sur le site ad31.restosducoeur.org, où toutes les informations sont disponibles. Nous recherchons aussi des bénévoles pour nos deux entrepôts, à Toulouse et à Capens, pour le tri et la préparation des produits après la collecte.
Face à la distribution de 2,5 millions de repas par an dans le département, les stocks s’épuisent vite. Donner ce week-end, est-ce garantir que les centres locaux puissent continuer à ouvrir leurs portes dignement jusqu’à la prochaine campagne ?Oui, tout à fait. Cette collecte représente près de 30 % de nos besoins. Elle nous permettra de continuer à distribuer dans les prochains mois, jusqu’à la prochaine collecte.
Un dernier mot pour inciter les gens à donner ?Comme on le dit souvent : On compte sur vous. Sans Coluche, les Restos du Cœur n’existeraient pas. Et sans vous, bénévoles, donateurs, ils n’existeraient plus.






















