À Toulouse, la campagne des municipales se tend. Par l’intermédiaire d’un communiqué diffusé ce jeudi 5 mars, le candidat de la liste “Demain Toulouse”, François Piquemal, annonce vouloir déposer plainte après avoir reçu une carte contenant des menaces de mort.
Le candidat de la liste “Demain Toulouse”, François Piquemal, a annoncé avoir reçu au local de campagne une carte accompagnée d’un bouquet de fleurs contenant des menaces à son encontre. Dans un communiqué diffusé le 5 mars, son équipe évoque « un mot de condoléances lui souhaitant une mort violente », accompagné de références à l’extrême droite. Le message comporte également la mention « #JusticeForQuentin », en référence à Quentin Deranque, décédé en février.
Une carte signée « Rassemblement national »
Interrogée lors d’un entretien téléphonique réalisé ce jeudi 5 mars, l’attachée de presse de la liste “Demain Toulouse”, Inès Djelida, précise le contenu du message. « La carte dit : “Nous vous présentons nos sincères condoléances et espérons que votre décès sera le même. #JusticeForQuentin.” »
Le message est également accompagné d’une signature mentionnant le nom du Rassemblement national, sans que l’équipe de campagne affirme pour autant que le parti en serait l’auteur. « C’est signé par eux, mais tout le monde peut signer. En tout cas, c’est quelqu’un qui se présente comme tel », explique-t-elle.
L’équipe de François Piquemal indique attendre désormais les suites judiciaires. La plainte annoncée doit permettre aux enquêteurs d’identifier l’auteur du message. « Nous laissons la justice faire son travail », indique l’entourage du candidat. L’objectif est désormais de déterminer l’origine de cet envoi et les circonstances dans lesquelles il a été adressé au local de campagne.
Des données personnelles déjà diffusées
Ces menaces interviennent dans un contexte déjà tendu autour de la campagne. Selon l’entourage du candidat, des données personnelles de François Piquemal auraient été diffusées en ligne récemment. Le communiqué publié jeudi évoque la divulgation de ces informations sur internet, deux semaines avant la réception de la carte. Une autre plainte aurait également été déposée dans cette affaire.
L’équipe de campagne indique par ailleurs que plusieurs incidents ont eu lieu ces dernières semaines. Des affiches électorales auraient été dégradées et des locaux de campagne auraient également été visés par des actes de vandalisme. Malgré ces événements, les collaborateurs de la tête de liste assurent vouloir poursuivre la campagne. « On reste solides et on garde la tête froide. La peur existe, mais on ne cède pas à la peur », affirme Inès Djelida.
L’attachée de presse précise que l’équipe se montre désormais plus vigilante lors des déplacements et des réunions publiques. « François Piquemal n’est jamais seul et, lors de certains événements, il peut y avoir une personne de sécurité supplémentaire », ajoute-t-elle. Des dispositions qui visent à sécuriser les apparitions du candidat tout en poursuivant normalement la campagne.
Le RN condamne les menaces
Contacté par téléphone ce jeudi 5 mars, Julien Leonardelli, candidat du Rassemblement national aux municipales à Toulouse, affirme condamner ces menaces. « Je condamne toute forme de violence et de menaces de mort qui n’ont pas leur place dans le débat politique », déclare-t-il. Selon lui, les affrontements politiques doivent rester dans le cadre du débat démocratique. « En démocratie, on combat les idées par des arguments et pas par la violence », insiste-t-il.
Le candidat assure par ailleurs que son mouvement n’a « ni de près ni de loin » de lien avec ce message. « Le Rassemblement national n’est absolument pas concerné par ces menaces », affirme-t-il. Le député européen souligne également que n’importe qui peut utiliser le nom d’un parti politique pour signer un message anonyme. « Quelqu’un peut très bien signer Rassemblement national, LFI ou PS. Je ne vais pas rentrer dans des hypothèses qui n’ont aucun sens », ajoute l’homme politique.
Au-delà de cet épisode, le candidat du RN appelle à éviter toute escalade dans la campagne municipale. « La campagne doit rester un moment de débat au service des Toulousains, pas un espace de menaces ou d’intimidations », estime Julien Leonardelli. De son point de vue, la tension politique augmente souvent à l’approche du scrutin. « Comme à chaque élection, plus on se rapproche du vote, plus la tension monte », observe-t-il. Et de conclure en appelant à la responsabilité des responsables politiques : « Nous devons tous appeler au calme et à l’apaisement ».





















