Le producteur, réalisateur et photographe toulousain Sébastien Courbet présentera le film « L’Hexagonale », réalisé avec Alexis Bercegeay, jeudi 19 mars au Pathé Wilson. L’histoire du périple de six cyclistes qui accomplissent le parcours du Tour de France, cent ans après la première Grande Boucle…
Comment vous êtes-vous retrouvé impliqué dans le projet de ce film singulier ?
Pierre Ferré a eu cette idée un peu folle, il y a un peu plus de deux ans, de revivre le parcours du Tour de France cent ans après. Un des gars qui devait courir avec les six cyclistes impliqués a vu mon travail sur Internet et m’a contacté. Il m’a mis en relation avec Alexis Bercegeay qui coréalise le film et nous avons roulé avec eux !

Vous êtes vous-même réalisateur ?
Oui, je suis basé à Toulouse et je suis spécialisé dans le sport outdoor, donc le trail, la haute montagne et le cyclisme via ce projet. Je fais beaucoup de documentaires sur l’ultra-trail, l’ultra-distance, sur des courses et des événements divers et variés. Je suis un peu multicasquettes. Comme je suis Ariégeois d’origine, donc très chauvin, je vais beaucoup en Ariège et dans les Pyrénées.
Le sous-titre du film « L’Hexagonale – Au-delà des kilomètres » a toute son importance…
Il veut dire beaucoup de choses parce qu’au-delà de ce parcours vécu dans l’Hexagone pendant un mois en 2024, ce n’est pas qu’un film de sport. C’est surtout un film de camaraderie, de dépassement de soi, de résilience également. Et surtout de sensibilisation sur un sujet qui nous tient à cœur.
Celui porté par l’association Movember qui s’intéresse à la santé mentale et à la prévention du suicide des hommes ?
Oui et c’est vrai qu’on connaît tous Octobre rose mais Movember l’est moins. L’association est plutôt connue dans les pays anglo-saxons qu’en France, même si elle commence à faire son petit bout de chemin. Son action est très importante pour Pierre Ferré, qui est à l’origine du film. Et le symbole de l’asso est la moustache, donc ils ont tous laissé pousser la leur pendant le périple.
Au-delà de l’exploit sportif réalisé par ces six hommes, l’aspect humain de l’aventure transparaît…
En fait, seul, on ne peut rien ou en tout cas pas grand-chose. Et là, c’est vraiment l’esprit de groupe qui prédomine. C’est vraiment le genre de projet que j’adore, donc je n’ai pas trop réfléchi pour partir avec eux. Il y avait des femmes, des gens plus âgés qui nous ont accompagnés pour assister les cyclistes. Au total, quatorze personnes se sont relayées pour soutenir et ravitailler Pierre, mais aussi Alexandre Favreau, Bruno Peluyet, Pierre Leroy, Baptiste Pouyau et Esteban Garcia, qui sont presque tous kinés et se connaissent depuis l’école. Et Bruno était pompier volontaire, donc il a fait jouer son réseau de pompiers qui ont superbement bien répondu et on a été accueillis comme des rois dans les casernes.
Et les péripéties n’ont pas manqué sur le parcours…
Oui, sur une aventure de 5 425 km et un total monstrueux de 52 000 mètres de dénivelé positif, il s’est passé beaucoup de choses, c’est ce qui fait que l’aventure est plus belle aussi. Rien de grave, à part des faits de course normaux qui sont cohérents par rapport à l’effort fourni.
Ce qui frappe aussi à la projection du film, c’est l’aspect esthétique et technique, comment avez-vous opéré ?
L’usage du drone magnifie le paysage et les spectateurs que nous croisons lors de la tournée nous le disent tous. On voit la beauté de la France, mais on n’a pas pu tout filmer parce que j’étais seul à filmer au sol et au drone, donc j’ai dû jongler tout le temps entre les deux. Alexis Bercegeay conduisait et moi, j’étais dans le coffre, sur le côté, pour jouer les acrobates et filmer les six cyclistes pendant qu’ils roulaient.
La Boucle part de Paris et rejoint Paris, mais vous êtes également passés par notre région…
Le parcours est le même, à peu de chose près, que celui de 1924, il n’y a pas eu de triche, ils l’ont tracé à la main, mais ils ont fait le maximum possible pour qu’il soit le même qu’à l’époque. Depuis Bayonne, nous avons attaqué les Pyrénées avec l’étape reine au Tourmalet et, en deux jours, plus de 10 000 mètres de dénivelé. Cette étape destinée à rejoindre Bagnères-de-Luchon a permis de savoir si ça allait le faire ou pas dans leurs têtes. C’était la moitié du projet, c’était le plus dur et ça n’a pas loupé, il s’est passé des faits de course qui font que, derrière, ça a été un peu plus complexe. Après Bagnères, on a rejoint Saint-Girons, puis Ax-les-Thermes, Puymorens et la partie catalane.
Comment le film, qui a besoin de soutien, est-il accueilli ?
On a commencé la tournée au Grand Rex à Paris et c’était archiplein ! Idem à Nantes et on espère que le public toulousain sera au rendez-vous jeudi soir pour voir ce film qui n’est pas qu’un film sur le vélo, mais une aventure sportive avec de belles images.















