EXCLUSIF. Le blanchiment d’argent au sein d’un bureau de tabac toulousain prend une tournure spectaculaire. Vingt kilos de cocaïne, quarante de cannabis et 140 000 € en liquide ont été saisis.
Entre les ventes de cigarettes, de jeux à gratter et de magazines, les gérants d’un bureau de tabac ont-ils utilisé leur commerce pour blanchir l’argent du trafic de drogue ? Deux buralistes de Saint-Orens-de-Gameville, au sud de Toulouse, sont incarcérés depuis le 15 mars 2026. Dans ce dossier, cinq suspects ont été placés en détention, soupçonnés de trafic de stupéfiants. Ils sont assistés par Mes Parra-Bruguière, Derrieux, Dilmi, Legros-Gimbert, Guy et Moretto. Parmi les personnes interpellées par la division de la criminalité organisée et spécialisée se trouve une femme considérée comme une « collectrice ». Elle aurait récupéré l’argent de la drogue auprès des trafiquants afin que ces sommes soient ensuite transférées sur des comptes à l’étranger.
De l’argent promis à l’Algérie ?
Les investigations démarrent en septembre 2025. À l’époque, la police judiciaire surveille les allers-retours suspects de deux individus entre l’Espagne et l’Occitanie, vraisemblablement pour y importer des stupéfiants. Au fil de l’enquête, les policiers remarquent un lien entre l’un de ces deux suspects et un bar-tabac de Saint-Orens-de-Gameville. L’un des malfaiteurs semble cogérer le lieu avec Olivier (1), un ami proche.
Ce commerce paraît être une véritable « usine à blanchiment ». Les deux gérants auraient injecté l’argent de la drogue dans la comptabilité en simulant des achats fictifs ou en rachetant des tickets de jeux gagnants à des clients pour justifier des flux d’espèces massifs. Les sommes circulaient ensuite librement, déclarées comme des gains de jeux officiels. Le bureau de tabac, placé sous étroite surveillance, servait également de zone de transit pour la marchandise illégale. Des « livreurs » quittaient régulièrement les lieux pour distribuer la drogue aux quatre coins de la Haute-Garonne. Les fonds générés étaient destinés, à terme, à être transférés vers l’Algérie.
La « collectrice », qui centralisait d’importantes liquidités, est alors devenue la cible d’Olivier et d’un de ses complices. Le duo s’est mis en tête de « court-circuiter » l’organisation pour empocher le butin, prévoyant de l’enlever puis de la séquestrer. Mais les enquêteurs, qui avaient placé les protagonistes sur écoute, ont suivi le projet criminel en direct. Le 11 mars 2026, une opération a été lancée en urgence pour éviter le pire.
Des armes, de l’argent et beaucoup de drogue
Lors des perquisitions, les policiers ont porté un coup financier majeur au réseau : plus de 20 kg de cocaïne et 40 kg de cannabis ont été saisis, pour une valeur marchande proche d’un million d’euros. Dans le coffre-fort du buraliste, 140 000 € en petites coupures ont été découverts, ainsi qu’un pistolet de calibre 9 mm équipé d’un silencieux et une arme de calibre 7,65. La police cherche désormais à déterminer l’ampleur de l’implication des gérants, qui possèdent d’autres enseignes. Les investigations s’étendent aussi à un appartement toulousain suspecté d’abriter un cercle de jeux clandestins. Les autorités n’écartent pas, à ce stade, une fermeture administrative pour l’ensemble de ces établissements.














