EXCLUSIF. Les injections d’acide hyaluronique sont au cœur d’un drame à Villeurbanne. Une cliente est morte après une intervention illégale menée par une influenceuse. L’affaire relance le débat sur la sécurité des pratiques esthétiques clandestines.
L’injection a été fatale. Ce n’était pourtant pas l’objet de la visite. La victime venait simplement pour raffermir son fessier. Trois personnes, dont deux Toulousains, viennent d’être mises en examen pour homicide involontaire par le parquet de Lyon. La cliente d’une esthéticienne a succombé à la suite d’une injection d’acide hyaluronique.
Selon nos informations, l’affaire se déroule le 20 mars 2026 à Villeurbanne. Comme souvent depuis quelques mois, une petite star locale d’Instagram donne rendez-vous à ses followers dans plusieurs villes. Cette influenceuse, spécialisée dans les soins esthétiques, attire ceux et celles qui rêvent de transformer leur corps à des prix défiant toute concurrence. Face à l’afflux de clients, cette quadragénaire a dû s’entourer. Elle a embauché un jeune habitant de Flourens et une habitante de Revel pour gérer l’organisation, le transport du matériel et la location d’appartements via Airbnb.
Avait-elle des diplômes ?
À chaque étape, les demandes se multiplient. L’influenceuse aurait empoché des centaines de milliers d’euros en multipliant les prestations illégales. Parmi ces clientes, une quadragénaire s’est laissée séduire par la promesse d’un corps sculpté à moindre coût. La suite est dramatique. La praticienne a répété un geste qu’elle maîtrisait en apparence, mais celui-ci serait devenu mortel. La substance, injectée dans des conditions précaires, aurait provoqué une embolie ou une réaction foudroyante, ne laissant aucune chance à la victime. Prévenus, les secours n’ont rien pu faire.
Une enquête pour homicide involontaire a été ouverte par le parquet de Lyon. Ce drame met en lumière les failles d’un système où l’esthétique prime sur la sécurité sanitaire. Les investigations menées sur commission rogatoire devront désormais déterminer avec précision le lien de causalité entre le produit et le décès. Existait-il des failles sanitaires ?
Un décret pour empêcher la vente libre
Pour faire face au marché parallèle des injections d’acide hyaluronique, qui peuvent entraîner de graves complications, le corps médical et le ministère de la Santé se mobilisent contre les pratiques clandestines. Les autorités françaises observent une prolifération d’actes esthétiques illégaux pratiqués par des non-professionnels. Afin de mettre fin à ces fraudes, le ministère a publié un décret en mai 2024. Celui-ci limite la prescription aux seuls professionnels de santé habilités. Ce texte interdit également la vente en ligne de ces produits, ainsi que leur importation, pour les particuliers.
















