Un fuselage d’ATR venu du Gabon a été convoyé jusqu’au restaurant Le Cockpit, à Toulouse. Une opération spectaculaire pour un projet aussi insolite qu’ambitieux : transformer cet avion en future expérience immersive, voire en hébergement.
Sur la route de Bayonne, à Toulouse, la scène n’est pas passée inaperçue. Dans la nuit de mercredi à jeudi, un convoi exceptionnel a acheminé un fuselage d’avion ATR jusqu’au restaurant Le Cockpit.
Transporté par une entreprise spécialisée, l’appareil a été délicatement manœuvré avant d’être déposé au-dessus du restaurant, dans un jardin en hauteur. L’opération, impressionnante mais parfaitement maîtrisée, s’est déroulée sur plusieurs heures.

« C’est spectaculaire, mais en poids, cela reste équivalent à une voiture », expliquait en amont Jean-Pierre Guedes, ancien technicien aéronautique impliqué dans le projet. Vidé de ses équipements, le fuselage ne pèse en effet qu’environ trois tonnes.
Une seconde vie pour un avion présidentiel
Derrière cette installation insolite se cache une histoire peu commune. L’avion appartenait à la garde présidentielle du Gabon et avait été conçu dans une configuration militaire rare, adaptée notamment au parachutage.
Arrivé en fin de vie, l’appareil avait été jugé trop coûteux à réparer. Revendu pour pièces par un broker, il devait être entièrement démantelé. Mais son fuselage a finalement été récupéré pour entamer une seconde vie.

Toujours habillé de ses couleurs d’origine, il conserve une forte authenticité. « C’est un avion qui a voyagé, qui a une histoire. On veut la préserver », confiait Paul Bertin, cofondateur du restaurant.
Le Cockpit franchit un cap
Ouvert depuis trois ans, le restaurant Le Cockpit propose déjà une immersion dans l’univers aéronautique. À l’intérieur, tout a été reproduit : sièges d’avion, hublots, racks à bagages… mais sans véritable fuselage.
Avec cette installation, le concept prend une nouvelle dimension. « Nos clients nous le demandaient souvent. Là, on va encore plus loin », explique le restaurateur.
L’établissement, qui fonctionne uniquement sur réservation avec une trentaine de couverts, affiche régulièrement complet et cultive une certaine discrétion.
Un projet encore en devenir
Pour l’instant, l’avion reste inaccessible au public. Son aménagement devra répondre aux strictes normes des établissements recevant du public (ERP), un processus administratif qui pourrait durer plusieurs mois.
En attendant, les clients pourront déjà admirer le fuselage depuis la terrasse extérieure, aménagée en guinguette.
Plusieurs pistes sont envisagées pour la suite : extension du restaurant, espace événementiel ou même hébergement insolite type Airbnb. « On avance étape par étape, avec les autorités », indique Paul Bertin.
















