À l’occasion des 30 ans du classement du canal du Midi au patrimoine mondial de l’Unesco, Fabien Pelous, parrain du programme de replantation du canal du Midi, revient sur l’attractivité du site, les effets de ce label et les perspectives d’évolution d’un paysage fragilisé par le chancre coloré.
Qu’est-ce que le chancre coloré et quel est son impact sur le canal du Midi
C’est un champignon qui touche les platanes et qui entraîne leur dépérissement. Lorsqu’un arbre est atteint, il doit être abattu pour éviter la propagation. Cela a conduit à la disparition progressive de nombreux platanes le long du canal.
Quel rôle a joué le classement à l’Unesco il y a 30 ans dans l’attractivité du canal du Midi ?
Il a eu un impact très positif. Il a renforcé l’attractivité globale du canal et de ses abords. Le canal est devenu un véritable lieu touristique. On a vu se développer des aménagements et des activités autour du canal, comme des pistes cyclables ou encore des guinguettes. Le classement à l’Unesco a permis de mettre en lumière le canal du Midi, qui attire aujourd’hui beaucoup plus de visiteurs, y compris à l’international.
Avec l’arrivée du chancre coloré, le classement à l’Unesco peut-il être remis en cause ?
Non, je ne suis pas inquiet. Le canal ne repose pas uniquement sur son paysage. Il y a un travail constant pour le préserver et le faire évoluer. La priorité reste la replantation, essentielle pour consolider les berges et éviter que le canal ne se dégrade. C’est un travail de long terme, mais le canal a encore de beaux jours devant lui et continuera de jouer un rôle important.
Faut-il craindre une perte d’attractivité du canal du Midi ?
Je ne le pense pas. Le canal est et restera un lieu de vie, de passage et de tourisme. On peut en faire quelque chose de différent, mais de tout aussi attractif.
Quels sont aujourd’hui les principaux enjeux pour le canal du Midi ?
Ils sont multiples. Il y a bien sûr la replantation, mais aussi l’entretien des ouvrages et le maintien des différents usages. Le canal doit continuer à répondre à plusieurs fonctions : le tourisme, l’irrigation, mais aussi certaines formes de transport. C’est cet équilibre qu’il faut préserver.
Doit-on faire le deuil des platanes le long du canal ?
Il y a forcément de la nostalgie. De Béziers à Toulouse, on était habitué à ces alignements de platanes, et beaucoup de gens ont des souvenirs liés à ces paysages. Mais il ne faut pas rester dans cette nostalgie. Il faut au contraire continuer à faire vivre le canal différemment. Esthétiquement, ce sera autre chose, mais ses fonctions premières resteront les mêmes, et c’est cela qu’il ne faut pas oublier.
Le paysage du canal va-t-il changer dans les prochaines décennies ?
Oui, bien sûr, comme tous les paysages. Tout évolue. Aujourd’hui, cette évolution passe par la disparition des platanes et leur remplacement par d’autres essences. L’enjeu est de continuer à faire vivre le canal de la même manière, avec des formes différentes. Il y a 100 ans, c’était principalement une voie de transport, sans tourisme. La vocation du canal a déjà changé et elle continuera d’évoluer dans les années à venir. Le canal a encore de beaux jours devant lui et continuera d’évoluer avec son époque.
















