Assurant plus de 200.000 emplois en France, la filière aéronautique et spatiale faisait ce 6 mai le bilan de l’année 2025 et surtout les perspectives 2026-2027 avec en toile de fond un contexte géopolitique ultra-tendu. Mais pour le moment, la guerre au Moyen-Orient n’a pas de conséquence majeure.
Toujours très attendus en région toulousaine où un emploi sur cinq concerne l’aérospatial, les résultats et perspectives de la filière. Ce mercredi 6 mai, le puissant GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales) qui regroupe 538 adhérents, depuis la PME jusqu’aux groupes internationaux en passant par les start-ups, organisait sa grande conférence de presse annuelle. Toute la question était de savoir comment la filière gérait le conflit au Moyen Orient.
Toujours la même demande de livraisons et de maintenance
Pour le président du GIFAS depuis juillet 2025 la crise dans les Pays du Golfe n’a pour l’instant pas d’impact sur les entreprises françaises de l’aéronautique et du spatial. « À date, on n’en voit pas l’impact. Il n’y a eu aucune demande d’aucune compagnie aérienne de repousser des livraisons d’avions. C’est un message qu’ont passé Airbus et Boeing« , détaille Olivier Andriès « Il faut voir aussi que depuis quelques années, le secteur aérien est plutôt en manque de capacité et en manque d’avions. Il y a un appétit pour aujourd’hui se faire livrer des avions par les avionneurs« , rappelle le patron de Safran. « Nous ne voyons pas non plus de signaux à date de baisse d’activité dans le domaine de la maintenance. Les compagnies aériennes continuent à demander des pièces de rechange, des activités de réparation « .
Olivier Andriès reste prudent toutefois car la crise au Moyen-Orient a démarré au début du mois de mars 2026, et ses conséquences pourraient davantage se faire ressentir au deuxième semestre 2026, voire en 2027. « La plupart des compagnies aériennes du Golfe ont repris progressivement leur activité et entre 50 et 70 % de leurs vols« , modère le président du GIFAS.
« Un début d’augmentation des coûts du plastique et des composites »
Avec la fermeture du détroit d’Ormuz, environ 20% de la consommation de carburant mondial n’est pas livrée. « Seules quelques compagnies aériennes, essentiellement des low-cost, réduisent leurs vols cet été, c’est faible, moins de 5 % de leur programme de vol en général« , tempère Olivier Andriès. La question finalement est de savoir si il y aura une baisse de l’activité aérienne dans la deuxième partie de l’année. « Si la crise devait s’arrêter demain ou dans les prochaines semaines, ce serait un choc dont le secteur se remettrait assez rapidement. Si la crise devait durer plus longtemps, évidemment, on est dans un autre, on est dans un autre scénario« .
Pour le moment, le prix des matières premières a subi quelques hausses, mais cela reste absorbable selon l’industriel. « On commence à observer des augmentations de coûts des produits dérivés des activités de raffinage, des matières premières dont on a besoin pour les plastiques ou les composites. Là aussi tout va dépendre de la résolution plus ou moins rapide du conflit« , conclut Olivier Andriès.
En 2025, la filière aéronautique et spatiale française a réalisé un chiffre d’affaires de 56 milliards d’euros, en croissance de 12% par rapport à 2024. 70% de l’activité est destinée à l’export.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555












