Cinq hommes sont jugés à partir de mardi à Toulouse pour enlèvement, séquestration et extorsion en bande organisée. En mai 2024, ils sont soupçonnés d’avoir kidnappé et dépouillé un homme. Pour éponger une dette de stups ?
Ils partaient vendre une voiture à Pibrac, près de Toulouse, à un dénommé Joyce. C’est du moins ce qu’ils croyaient. Mais ce jeudi 9 mai 2024, peu avant 18 heures, la journée de Sofian et de son ami « Crunch » prend une tournure très alarmante.
Un sac sur la tête
Déboulant de nulle part, un fourgon blanc Mercedes et une petite citadine leur bloquent soudain toute possibilité de fuite. En giclent six individus encagoulés et armés.
Le duo est kidnappé, entravé. Un sac sur la tête pour l’aveugler. Quelques heures plus tard, « Crunch » est libéré non sans subir des menaces de mort s’il parle. La cible principale est bien Sofian.
Libéré ensanglanté deux jours plus tard
Pendant deux jours, il est séquestré, violenté, malmené. Changé de planque, en banlieue de Toulouse. Domicilié dans l’Ariège, il est perçu par ses geôliers comme un trafiquant de stups jouissant d’une confortable assise financière.
Lorsqu’il est enfin libéré, deux jours plus tard, abandonné ensanglanté et hagard sur la route de Lacave (Ariège), ses économies ont largement fondu. Aux enquêteurs, il révèle s’être fait racketter.
Dépouillé de plus de 200 000 euros
Pour prix de sa liberté, Sofian a dû lâcher 60 000 euros en cryptomonnaie (les fameux Bitcoins), 100 000 euros en cash dissimulés dans un coffre et une Rolex à 17 000 euros. Mais aussi Audi A3, téléphone, Playstation 5 et… deux aspirateurs Dyson !
Le parquet ouvre une information judiciaire contre X pour séquestration en vue d’un crime, vol avec arme et extorsion, le tout en bande organisée. L’association de malfaiteurs est également visée. Rapidement l’enquête s’oriente vers le fameux « Joyce », personnage clé du rendez-vous fixé à Pibrac.
Une dette de stups pour mobile ?
Grâce aux images de vidéoprotection, aux surveillances et aux interceptions téléphoniques, les enquêteurs accumulent des éléments à charge. Jusqu’au coup de filet de novembre 2024, six mois après le rapt.
Six hommes sont placés en garde à vue. Au fil des auditions, le possible rôle de chacun s’affine. Joyce livre même un mobile. Acculé après avoir contracté une dette de stups de 15 000 euros, il aurait ciblé Sofian, connu, selon lui, pour grenouiller dans le business et s’afficher « au volant de belles voitures ».
Âgé de 43 ans, le « cerveau » présente lui-même une demi-douzaine de mentions au casier en relation avec le trafic de stups. Il fait l’objet d’une autre instruction dans le cadre d’une tentative de meurtre en bande organisée.
Deux jours de procès
À l’issue des investigations, cinq hommes, âgés de 20 à 47 ans, sont finalement renvoyés devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour répondre de ces faits. Les prévenus seront défendus par Mes Majouba Saihi, Guillaume Léguevaques, Alexandre Parra-Bruguière, Nicolas Raynaud de Lage et Valère Alami.
Les débats sont audiencés sur deux jours, mardi 12 et mercredi 13 mai. Sofian, la victime principale, ne s’est pas porté partie civile. Un choix raisonné ?














