EXCLUSIF. Toulouse : un vaste réseau de trafic de stupéfiants a été démantelé ce mardi à Bellefontaine par les services de la Rive gauche. Six suspects ont été interpellés et un arsenal de guerre saisi, mettant fin aux « checkpoints » qui terrorisaient le quartier depuis des mois.
Coup d’arrêt au « checkpoint » de Bellefontaine : l’opération policière menée ce mardi a permis de démanteler une structure criminelle solidement ancrée. Au cours de cette intervention, les forces de l’ordre ont interpellé six individus et saisi de nombreuses armes de guerre ainsi que des gilets pare-balles. Les cinq suspects, âgés de 20 à 37 ans et défendus par Mes Agathe David, Alexandre Martin ainsi qu’Emmanuelle Franck, doivent être présentés ce jeudi matin en vue d’une mise en examen.
Depuis la fin de l’été 2025, le quotidien des riverains de Bellefontaine était devenu insupportable. Sur fond de lutte de territoire pour le contrôle du trafic de stupéfiants avec la cité voisine de la Reynerie, les règlements de comptes armés s’étaient intensifiés, notamment après qu’un homme a été abattu au pied de la barre d’immeubles du Tintoret. Depuis ce drame, les échanges de tirs réguliers maintenaient le quartier sous une pression constante.
Une guerre de territoire
Le 27 avril dernier, une enquête de La Dépêche du Midi révélait d’ailleurs l’instauration de véritables « checkpoints » nocturnes. « Des individus encagoulés et armés nous obligeaient à nous arrêter, puis nous étions forcés d’ouvrir nos voitures », confiait alors un témoin. Face à cette situation extrême, la police nationale a renforcé sa présence, multipliant les surveillances nocturnes depuis le début de l’année 2026.
Le travail de la BST Mirail et de la brigade des stupéfiants de la rive gauche a permis d’identifier une structure pyramidale où les rôles étaient strictement définis, de la logistique du stockage à la gérance du point de deal. Cinq suspects ont été appréhendés sur place mardi matin, tandis qu’un sixième a été extrait de cellule. La perquisition a permis de découvrir plus de six kilos de cocaïne, un kilo de cannabis, 5 000 € en numéraire et un arsenal de guerre.
Analyse des armes
Les enquêteurs ont dénombré trois kalachnikovs, un fusil à pompe et trois pistolets munis de silencieux, accompagnés de cinq gilets pare-balles « tactiques » et de centaines de munitions : une puissance de feu destinée à sanctuariser le territoire. Ce matériel est désormais entre les mains de la police scientifique. Les experts devront déterminer, via des analyses balistiques et génétiques, si ces armes ont été utilisées lors des récents épisodes de violence dans la Ville rose.














