Blessé par balle ce mardi soir dans le quartier de Borderouge, à Toulouse, un homme d’une trentaine d’années a assuré aux enquêteurs ne pas savoir qui pouvait lui en vouloir. Dans ce secteur marqué par les trafics de rue, plusieurs hypothèses sont désormais examinées.
Sur son lit d’hôpital, il répète qu’il ne comprend pas. Quelques heures après avoir été touché par balle, ce mardi soir, sur le carré de la Maourine, à Borderouge, cet homme d’environ 30 ans a été entendu par les enquêteurs. Il aurait assuré ne pas savoir qui pouvait se trouver derrière le pistolet. Ni pourquoi il avait été visé.
Cette réponse, pour l’heure, laisse les policiers face à plusieurs hypothèses. Une seule certitude : vers 20 h 30, à la sortie du métro Borderouge, un tir a claqué sur cette place connue des riverains pour ses trafics de cigarettes et de cannabis, ses tensions récurrentes. La victime, qui travaille dans un bureau de tabac du secteur, venait de terminer sa journée. Il se trouvait alors près du centre commercial, accompagné d’une jeune femme. Ils se seraient installés sur un banc avec deux bières. Puis un souffle de moto électrique et la détonation.
Selon plusieurs témoins, deux hommes circulant sur une motocross électrique noire, sans casque, auraient surgi avant d’ouvrir le feu. La victime a été touchée à l’épaule gauche par un projectile de calibre 7,65. Blessé mais conscient, l’homme s’est réfugié dans la station de métro Borderouge, à quelques mètres de là. Les premiers soins lui ont été prodigués par les policiers, avant l’arrivée du Smur et des sapeurs-pompiers. Il a été transporté au CHU Purpan. Son pronostic vital n’était pas engagé.
Ce mercredi, les enquêteurs tentaient encore de comprendre ce que cette scène recouvrait vraiment. Une vengeance personnelle ? Une affaire de jalousie ? Un différend né autour du commerce où travaillait la victime ? Ou un message lié à l’économie souterraine qui pèse sur la place ? Aucune piste n’était écartée.
« Le bureau de tabac semble subir la présence des trafiquants… »
Car le bureau de tabac de la Maourine, où la victime est employée, apparaissait déjà dans le radar des forces de l’ordre. À la fin du mois de mars, lors d’une opération de police conséquente menée dans le secteur, le commerce avait été passé au peigne fin. Un chien malinois avait été engagé pour renifler les lieux. Rien n’avait alors été découvert. Mais, selon nos informations, les forces de l’ordre avaient déjà constaté des transactions suspectes à l’intérieur de ce commerce.
Une source proche du dossier nuance nettement : « Le bureau de tabac semble surtout subir la présence des trafiquants et leurs lois… » Une fermeture administrative temporaire du commerce serait d’ailleurs envisagée ou attendue en raison de transactions observées dans son environnement.
Un autre épisode intrigue les enquêteurs. Quatre jours avant le coup de feu, vendredi, une altercation avait éclaté à l’intérieur même du tabac. Les policiers avaient été requis pour une rixe entre plusieurs individus. Sur place, un homme et une femme s’étaient présentés comme victimes. La femme aurait été insultée, traitée de « salope ». Son ami se serait interposé avant de recevoir plusieurs coups au visage et au corps. L’agresseur l’aurait fait chuter dans les étagères du commerce.
Cet épisode a-t-il un lien avec le tir de lundi soir ? Impossible, à ce stade, de l’affirmer. Mais les policiers devraient nécessairement l’examiner. Reste l’autre hypothèse, plus lourde : celle d’une pression exercée sur le commerce ou sur ceux qui y travaillent. « Je ne serais pas étonné que dans ce dossier on retrouve du racket ou une tentative », avance un fin connaisseur de ces milieux. À ce stade, rien ne permet de l’établir.
Les caméras de vidéosurveillance du quartier devraient désormais jouer un rôle central. Elles pourraient permettre de reconstituer la fuite des deux suspects. Pour l’heure, l’affaire reste suspendue à cette question simple : pourquoi lui ?













