Expulsé après un arrêté pris par le ministre de l’Intérieur en avril 2024, l’ancien imam de la grande mosquée d’Empalot, à Toulouse, a contesté ce mardi cette mesure devant le tribunal administratif de Paris. Il souhaite pouvoir revenir à Toulouse. La décision de la juridiction parisienne est attendue début juin.
Plus de deux ans après son arrestation chez lui, puis son expulsion malgré les différentes voies de recours déposées par ses avocats, Mohamed Tataiat espère toujours pouvoir revenir en France et à Toulouse. « Avant tout pour retrouver sa famille, ses enfants et ses petits-enfants », prévient son avocat, Me Vincent Brengarth.
L’ancien imam de la grande mosquée El Nour d’Empalot, quartier de Toulouse, a été condamné fin août 2022, à la suite d’un prêche tenu en arabe dans la mosquée en décembre 2017. Après une relaxe par le tribunal correctionnel de Toulouse, la cour d’appel de Toulouse a relevé le caractère antisémite d’une partie de cette intervention lors de la grande prière du vendredi. L’imam avait été condamné à quatre mois de prison avec sursis et 30 000 euros de dommages et intérêts. Le ministère de l’Intérieur s’est appuyé sur cet arrêt, confirmé par la Cour de cassation, pour décider de son expulsion.
La Cour européenne également saisie
Cette décision, Me Brengarth la conteste toujours. « Parce que cet arrêté d’expulsion est venu après un avis défavorable de la commission départementale. Les expulsions s’appuient sur le caractère répétitif des incitations à la haine. Ce qui n’est pas le cas ici puisque, ni avant, ni après le prêche de 2017, aucun incident n’a été relevé malgré les interventions régulières et nombreuses de l’imam ».
Des éléments repris et développés ce mardi matin par Me Brengarth devant le tribunal administratif de Paris. « M. Tataiat a vécu pendant plus de trente-cinq ans en France. Ses enfants sont nés et vivent ici. Sa vie est à Toulouse. Le prêche contesté n’a pas paru discriminatoire aux juges de première instance. Cela montre bien la difficulté du passage évoqué. Nous continuons à affirmer que ce qui, aux yeux de M. Tataiat, constitue une erreur d’appréciation, ne mérite pas une expulsion. Surtout dans les conditions où elle a eu lieu. »
La décision de la juridiction administrative, qui statue cette fois au fond, est attendue le mardi 2 juin. En parallèle, Me Vincent Brengarth a initié une action devant la Cour européenne des droits de l’homme, « au nom de la liberté d’expression et de la liberté de culte ». Aucune date n’est annoncée pour cette décision européenne.












