À Calvignac, dans le Lot, des riverains ont décidé de construire un mur en pierres sèches, dans la pure tradition locale, avec l’accompagnement de l’association Découverte et Patrimoine. En effet, cette technique de construction est classée au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
Trois jours pour terminer la construction de quatre mètres de mur (100 mètres sont en cours de finalisation) : sur le papier, le chantier paraît facile. Mais c’est sans compter sur la méthode privilégiée par cette famille de Calvignac pour délimiter ses terrains.
Alors que la propriété d’Alexis Bonnefis se trouve sur le tracé d’un sentier de randonnée, impliquant un passage relativement régulier dans son jardin, ce dernier a décidé de joindre l’utile à l’esthétique, en construisant un mur. Mais pas n’importe lequel ! Dans le respect de la plus pure tradition locale, l’ouvrage sera constitué de pierres sèches. « J’aurais pu faire poser un grillage, ou planter moi-même une haie, mais non : ces murs font partie du patrimoine, c’est propre aux Causses », souligne-t-il.
Un morceau du patrimoine local
Effectivement, il suffit de se balader aux alentours pour constater à quel point ces constructions datant du XIXe siècle sont présentes, trouvant leurs origines dans le très fort passé agricole du territoire. Les paysans de l’époque tombaient régulièrement, sur les cinquante premiers centimètres du sol, sur de grosses pierres en labourant leurs champs, et les recyclaient en les utilisant pour construire des clôtures minérales ou des bâtiments.
200 ans plus tard, de nombreuses constructions en pierres sèches sont encore debout, et pour cause : « Cette zone échappe encore à l’agriculture intensive. Les parcelles restent de petite taille et même si beaucoup de murs sont passés sous les broyeurs de roches, beaucoup les délimitent encore », explique Alexis Bonnefis, pour qui l’érection de son mur est une réelle fierté. Sans compter que, au-delà de l’aspect patrimonial, l’opération à permis d’organiser un moment convivial dans le village.
Avec l’aide de l’association Découverte et Patrimoine
En effet, du 8 au 10 mai derniers, les bénévoles des associations Découverte et Patrimoine de Limogne et Calvignac ont été à pied d’œuvre. Le but pour ces derniers : transmettre leur savoir-faire à un jeune public, venu en nombre pour l’occasion. C’était l’une des conditions sur lesquelles Yves Lacam, président de l’association de Limogne, et Alexis Bonnefis s’étaient entendus.
« Mon souhait était de transmettre un savoir-faire et de sensibiliser les gens, plus ou moins intéressés, à l’intérêt de la pierre sèche, matériau qui relève de la tradition et de l’identité locale », raconte Yves Lacam. Ainsi, quatre ou cinq “élèves” œuvraient auprès d’un bénévole, pour bâtir ce mur en pierres sèches, qui pourra avoir « une durée de vie de 100 ans ». Car, même si les techniques et les outils ont évolué, l’association s’est assurée d’une certaine authenticité.
Nathan Heuillet














