À un peu moins de trois semaines de sa demi-finale à Marseille, contre le vainqueur du barrage entre le 4e et le 5e de la saison régulière, le staff toulousain dispose de la quasi-totalité de ses forces vives en première ligne. Il va y avoir des déçus…
Casse-tête en approche. S’il y a des lignes, comme la troisième, où le staff « rouge et noir » fonctionne à flux tendu (Banos, Castro-Ferreira et Jelonch sont out), la première ne manque pas de densité. Si tous les talonneurs sont actuellement disponibles, ce serait une grosse surprise de ne pas voir la doublette Julien Marchand (31 ans ; 53 sélections) – Peato Mauvaka (29 ans ; 46 sél.) sur la feuille de match de la demi-finale, le 19 juin à Marseille, Guillaume Cramont (25 ans ; 1 sél.) et Thomas Lacombre (21 ans) restant toutefois des jokers de luxe.
Sans présager de ce qui se passera ce samedi 6 juin à Nanterre, lors de la dernière journée face au Racing 92, qui cherchera à conforter sa place dans le top 6, les choix forts se porteront sur les piliers. À gauche, l’opération à un genou (ménisque) de Benjamin Bertrand (22 ans) laisse trois joueurs pour deux places avec des dynamiques totalement différentes.
Titulaire lors des deux dernières finales et revenu frapper à la porte du XV de France cette saison après cinq ans d’absence (il a disputé les sept derniers matchs), Rodrigue Neti (31 ans ; 9 sél.) est resté sur le flanc pendant deux mois après avoir été victime d’une entorse du genou lors de la conclusion du Tournoi. S’il n’est revenu à la compétition que depuis deux journées, cela semble être suffisant pour faire partie des deux élus.
Reste à savoir qui de David Ainu’u (26 ans ; 21 sél.) ou de l’expérimenté Cyril Baille (32 ans ; 56 sél.) l’accompagnera. L’international américain (19 matchs, 11 titularisations), qui a commencé les deux matchs de phases finales de Champions Cup en l’absence de Neti, a eu plus de temps de jeu que son homologue français (16 matchs, 6 titularisations). Il semble partir avec une longueur d’avance, même si Baille, gêné par des douleurs récurrentes à une cheville, fait bien plus que s’accrocher à un maillot qu’il chérit tant.
Aldegheri challengé, Colombe en impact player ?
À droite, c’est un véritable embouteillage puisque ce sont quatre joueurs qui postulent : Dorian Aldegheri (32 ans ; 28 sél.), Joel Merkler (24 ans ; 11 sél.), Georges-Henri Colombe (28 ans ; 11 sél.) et Paul Mallez (25 ans ; 3 sél.). Une rareté tant les deux premiers avaient l’habitude de se partager le poste ces dernières saisons.
« Depuis trois ans, on a beaucoup tourné entre Dorian et moi parce qu’il y avait beaucoup de blessures au poste et des mecs en fin de carrière qui n’ont pas été remplacés, relevait ce jeudi Merkler, international espagnol. C’est vrai qu’à quatre, c’est rare et tant mieux. Au moins, pour la fin de saison, on aura tout le monde dispo et un groupe où les meilleurs au poste seront disponibles. »
Les deux dernières semaines, avant celle menant à Marseille, entre le dernier match de la phase régulière et le stage en Catalogne, près de Gérone, vont donc valoir très cher, même si l’identité de l’adversaire comptera assurément dans le choix des entraîneurs toulousains. Aldegheri, valeur sûre en mêlée, est encore bien présent malgré ses 32 printemps, ayant disputé le plus de matchs cette saison (25), dont cinq comme titulaire lors du Tournoi remporté avec les Bleus.
Ce n’est toutefois pas la garantie d’une présence assurée sur la feuille de match tant la concurrence est rude. Redoutables défenseurs, Mallez (3 fois) et Merkler (2) ont ainsi commencé lors des cinq dernières journées. Quant à Colombe, souvent contrarié par des soucis musculaires, il n’a pas pu enchaîner autant que le staff l’aurait souhaité. Mais il possède des moyens physiques exceptionnels qui ont souvent fait des ravages lors de ses entrées en jeu, étant actuellement plus considéré comme un impact player. Et quand on voit les rentrées de Ben Tameifuna côté bordelais, Colombe, s’il est en forme, pourrait lui aussi tout renverser.













