Plus de deux jours après la disparition de Lyhanna, 11 ans, à la sortie de son collège à Fleurance (Gers), les recherches se poursuivent. Plus de 300 bénévoles et des dizaines de militaires ont participé à une battue ce dimanche pour tenter de retrouver la jeune fille.
Où est passée Lyhanna ? Pourquoi cette enfant de 11 ans est-elle introuvable depuis sa sortie du collège de Fleurance, dans le Gers, vendredi après-midi ? Le parquet d’Auch a ouvert une enquête pour enlèvement et séquestration de mineur de 15 ans. Un homme de 41 ans est en garde à vue depuis samedi midi.
Les images de vidéosurveillance de la commune montrent que la jeune fille est montée dans sa voiture. Il affirme l’avoir déposée près de la piscine de Fleurance, à sa demande. Mais ses déclarations sont jugées « incohérentes et imprécises » par la procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer.
La famille de Lyhanna affirme que le gardé à vue est le père d’une amie de l’adolescente. Depuis plus de 48 heures, les gendarmes, les proches et de nombreux habitants de Fleurance participent aux recherches pour tenter de retrouver la jeune fille.
Toute une commune mobilisée
Une battue a été organisée ce dimanche après-midi à Fleurance. Plus de 300 volontaires, encadrés par des militaires, ont participé aux recherches. Les participants, disposés en lignes, fouillent des secteurs situés près de la piscine : les champs, les bosquets, les fossés ou encore les abords de l’hippodrome.
Joachim faisait partie des bénévoles : « Je regarde par terre, je regarde partout. Il y a des hautes touffes d’herbe et on essaie de ne louper aucun détail. » Maxime est venu en voisin. Pour lui, il était naturel de participer aux recherches : « Il s’agit d’une enfant. C’est le devoir de chacun d’être présent. Quand je vois toute la mobilisation qu’il y a à Fleurance, je me dis que je suis à ma place ici. »
Esméralda est aussi venue prêter main forte : « On est là pour soutenir la famille. On se connaît tous ici, on n’est pas dans une grande ville. On est tous parents, on a tous grandi ici. On se doit d’être là et d’aider du mieux qu’on peut. On se rend compte qu’on n’est à l’abri de rien, même dans notre Gers. Nos enfants ne peuvent même plus aller au collège tranquillement ? On se dit qu’il faut vraiment être vigilant sur tout. »
Les recherches ont aussi lieu dans les airs avec des drones et un hélicoptère de la gendarmerie. Certains volontaires se raccrochent à ce qu’ils peuvent comme Chloé, qui participait à la battue avec un chapelet à la main : « Je récite un chapelet pour qu’on puisse la retrouver saine et sauve au plus vite. »
La mère de Lyhanna, Charly Rameau, touchée par cette vague de soutien, veut garder espoir : « Ce qui m’arrive, je l’ai déjà vu à la télévision, mais jamais je n’aurais imaginé que cela puisse m’arriver. Ma fille est une enfant très joviale, elle a toujours le sourire. Ce qui me fait tenir, c’est l’espoir de la retrouver. Il y a aussi son petit frère, qui ne comprend pas vraiment ce qui se passe. Pour lui, sa sœur, c’est tout son monde. Aujourd’hui, c’est la fête des mères et ma fille n’est pas là. C’est très dur. »
La gendarmerie déployée en masse
Le maire de Fleurance, Grégory Bobatto, a ouvert l’espace culturel et sportif de la ville afin d’y installer le centre de coordination des volontaires : « On n’est jamais préparé, en tant qu’élu, à gérer ce genre de crise. Mais la crise est là, l’affaire est là et les enquêteurs sont là. Et nous nous efforçons d’accompagner au mieux les enquêteurs dans leurs démarches. »
À la fin de la journée, Lyhanna était toujours introuvable. Mais ces battues citoyennes ont une réelle utilité sur le plan opérationnel selon le colonel Philippe de la Forcade, le commandant du groupement de gendarmerie du Gers : « Nous avons une logique de recherche technique, avec des moyens spécialisés comme les caméras thermiques, ou les plongeurs. Mais nous avons aussi besoin de l’œil humain, de la compréhension humaine. Nous sommes tous profondément habités par le souhait de retrouver Lyhanna et nous déployons tout ce qui est possible à cet effet. »
Plus de 130 gendarmes sont mobilisés sur cette disparition.
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