Les assistants d’éducation, souvent appelés « surveillants », sont appelés à se mobiliser mardi 2 juin partout en France. À Toulouse, un rassemblement est prévu devant le rectorat pour dénoncer des salaires jugés insuffisants, des contrats précaires et des conditions de travail qui se dégradent dans les collèges et lycées.
Dans les établissements scolaires, ils sont souvent les premiers à gérer les tensions du quotidien. Absences, conflits, violences, permanences, couloirs, climat scolaire : les assistants d’éducation occupent une place devenue essentielle dans les collèges et lycées. Mardi 2 juin, ils sont appelés à faire grève partout en France.
À Toulouse, un rassemblement doit se tenir devant le rectorat à partir de 12h30 à l’appel d’une large intersyndicale du second degré réunissant notamment la FSU, FO, la CGT Éduc’action, la CFDT Éducation, le SNALC, le SE-UNSA et SUD Éducation.
« Les vies scolaires sont à bout »
Dans leur appel national, les syndicats dressent un constat particulièrement alarmant sur la situation des assistants d’éducation. Selon eux, les vies scolaires manquent de moyens humains alors que les besoins augmentent dans les établissements. Les représentants syndicaux estiment que les AED se retrouvent aujourd’hui « en première ligne » face aux difficultés rencontrées dans les collèges et lycées.
Gestion des tensions, accompagnement des élèves, surveillance, situations de crise ou violences : les missions se multiplient au fil des années. « Les vies scolaires sont asphyxiées par le manque de moyens », dénoncent les organisations mobilisées. Les syndicats pointent notamment l’absence de créations de postes prévues pour les prochaines rentrées scolaires.
Des personnels jugés indispensables mais toujours précaires
Au cœur de la mobilisation figure aussi la question de la précarité. Les assistants d’éducation sont recrutés sous contrat, souvent pour des périodes limitées, avec des perspectives d’évolution jugées très faibles. Pour les syndicats, cette précarité ne correspond plus à la réalité du rôle occupé par les AED dans les établissements scolaires. « On tient les établissements à bout de bras », résument plusieurs représentants syndicaux.
Les organisations réclament une véritable grille salariale nationale permettant une revalorisation des rémunérations. Elles dénoncent également le blocage des discussions salariales dans plusieurs académies faute de moyens budgétaires. Selon les syndicats, les assistants d’éducation restent trop souvent « une variable d’ajustement » dans l’Éducation nationale.
« On nous demande toujours plus »
Ces dernières années, les missions confiées aux AED ont progressivement évolué dans de nombreux établissements. Les syndicats estiment notamment que les assistants d’éducation sont de plus en plus sollicités sur des questions de sécurité ou de maintien de l’ordre. Une évolution qui inquiète fortement les représentants du personnel. Dans leur appel à la mobilisation, ils refusent que les AED deviennent des « vigiles d’établissement ».
Les organisations rappellent au contraire que leur rôle repose avant tout sur l’accompagnement éducatif et le lien quotidien avec les élèves. Dans certains collèges et lycées, les assistants d’éducation sont parfois les premiers interlocuteurs des adolescents lorsqu’un problème surgit.
Une grève et un rassemblement prévu devant le rectorat de Toulouse
Dans l’académie de Toulouse, les syndicats espèrent mobiliser largement ce mardi midi devant le rectorat. L’objectif est aussi de rendre visibles des personnels souvent peu médiatisés malgré leur importance dans le fonctionnement quotidien des établissements.
Les organisations réclament notamment davantage de recrutements, un véritable droit à la mobilité, un accès renforcé à la formation ainsi qu’un meilleur examen des situations de non-renouvellement de contrat.
Un malaise qui revient régulièrement dans l’Éducation nationale
La situation des assistants d’éducation fait régulièrement l’objet de mobilisations depuis plusieurs années. Les syndicats dénoncent une accumulation de difficultés : contrats précaires, salaires faibles, manque de reconnaissance, sous-effectifs ou encore pression croissante dans certains établissements.
Le sujet revient aussi régulièrement dans les débats autour du climat scolaire. Car derrière les grilles des collèges et lycées, les assistants d’éducation sont souvent ceux qui gèrent les tensions du quotidien au plus près des élèves. Pour les organisations syndicales, il existe aujourd’hui un décalage grandissant entre les discours politiques sur la priorité donnée au climat scolaire et les moyens réellement accordés aux vies scolaires. À Toulouse comme ailleurs, les syndicats espèrent que cette mobilisation du 2 juin permettra de remettre la question des assistants d’éducation au cœur du débat éducatif.











