Après trois mois d’enquête, un point de deal du centre-ville de Toulouse a été démantelé. L’opération a mobilisé une centaine de policiers, le 8 juin 2026. Sept suspects ont été interpellés et plus d’un kilo de cocaïne, des cigarettes et des médicaments ont été saisis.
Le 8 juin, à 6 heures du matin, le calme de la rue Arnaud-Vidal, près des allées Jean Jaurès et de la gare Matabiau, en plein centre de Toulouse, a été brusquement rompu par une impressionnante opération de police. Depuis des mois, les habitants et les commerçants se plaignaient de l’installation d’un point de deal. Après plus de trois mois d’investigations menées sous l’autorité du parquet de Toulouse, les enquêteurs de la police judiciaire ont lancé une vaste intervention visant à démanteler le réseau implanté dans le quartier.
Perquisitions à l’aube
Près d’une centaine de policiers ont été mobilisés. Aux policiers nationaux de Haute-Garonne se sont ajoutés des renforts du RAID, des CRS ainsi que de la police municipale.
Les perquisitions ont révélé l’ampleur de l’activité illicite. Les forces de l’ordre ont saisi 1,3 kilogramme de cocaïne, plus de 10.000 euros en espèces, des cartouches de cigarettes destinées à la revente. Les policiers ont également découvert des comprimés de prégabaline, cette molécule notamment commercialisée sous le nom de Lyrica. D’habitude prescrit contre certaines douleurs nerveuses et l’anxiété, ce médicament fait l’objet de détournements et d’un trafic parallèle pour ses effets psychoactifs.
De la cocaïne, des médicaments, des cigarettes…
Les enquêteurs ont également retrouvé plusieurs milliers de capsules destinées au conditionnement de doses de cocaïne de 0,5 gramme. Certaines étaient déjà remplies, d’autres prêtes à l’être. Un pain de près de 700 grammes de cocaïne, accompagné de balances de précision, a aussi été saisi dans ce point de deal qui fonctionnait comme un véritable commerce de proximité.
Vingt kilos de petite monnaie
Un détail a particulièrement retenu l’attention des enquêteurs : plus de 3.000 euros uniquement en pièces de monnaie ont été saisis, soit près de vingt kilos de métal.
Selon les investigations, cette monnaie provenait essentiellement de ventes réalisées au détail auprès d’une clientèle particulièrement précaire. Une partie des consommateurs vivant de la mendicité utilisait directement cet argent pour acheter drogues, cigarettes ou médicaments revendus illégalement à Toulouse.
Sept suspects devant la justice
Au total, sept personnes soupçonnées d’être impliquées dans le réseau ont été interpellées, ainsi que deux consommateurs. Placés en garde à vue, puis déférés devant le parquet, les suspects ont été présentés à la justice. L’enquête a mis en évidence l’existence de deux groupes au sein du trafic. Deux hommes âgés de 48 et 57 ans ont reconnu leur participation et doivent être jugés dans le cadre d’une procédure accélérée.
Les cinq autres suspects sont, eux, poursuivis en comparution immédiate. Parmi eux, figure un homme de 51 ans, identifié comme le chef présumé du réseau, ainsi que quatre jeunes âgés de 19 à 24 ans. Ces derniers occupaient différents rôles au sein de l’organisation : nourrice, ravitailleurs et vendeurs.
Fait notable, à l’exception du principal mis en cause, déjà condamné par le passé pour vol à main armée, les autres membres présumés du réseau n’étaient jusqu’ici pas connus des services de police ou de la justice.
Le campement qui servait de point de vente a été entièrement supprimé. Dans le même temps, deux autres campements installés le long du canal du Midi ont été démantelés par les forces de l’ordre.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555












