Pendant deux semaines, l’artiste Flora Moscovici et des peintres de la ville vont transformer le pont Saint-Pierre en immense tableau à ciel ouvert. Les promeneurs pourront suivre jour après jour l’apparition d’une fresque de plus de 2 000 m² réalisée au cœur d’une carte postale de Toulouse.
Depuis ce lundi 1ᵉʳ juin, le pont Saint-Pierre à Toulouse est fermé aux voitures pour une durée de quatre mois. Quelque 5 000 piétons et 3 000 cyclistes devraient l’emprunter quotidiennement pour traverser la Garonne.
Cette piétonisation est accompagnée d’un chantier insolite. L’artiste Flora Moscovici a commencé la réalisation d’une fresque monumentale au sol. Un projet qui doit être achevé en seulement deux semaines, malgré les contraintes de la météo et du travail en extérieur.
La transformation du pont est lancée
L’œuvre, intitulée “D’argile et de calcaire”, s’étendra sur 2 000 à 2 500 m² du pont Saint-Pierre. Inspirée des couleurs de la Garonne et de la géologie toulousaine, elle accompagnera la piétonisation estivale du site.
Le calendrier est serré. Flora Moscovici a commencé ce lundi et prévoit d’achever la peinture le 12 juin. Si les conditions météorologiques le permettent, le public pourra découvrir le résultat dès le lendemain.
« On va jongler entre les gouttes, mais ce sont les aléas de la peinture en plein air. Il faut savoir s’adapter à la météo, c’est l’une des contraintes », explique l’artiste.
Le chantier a débuté par l’application d’une couche blanche destinée à recouvrir ce qu’il restait de la fresque réalisée l’an dernier. La composition prendra ensuite forme progressivement, d’une extrémité de la structure à l’autre.
Une peinture inspirée du paysage toulousain
Pour ce projet, Flora Moscovici a imaginé une œuvre abstraite composée de nuances évolutives. Les couleurs feront écho à plusieurs éléments emblématiques de Toulouse.
« Je voulais aussi m’inspirer de matériaux comme la brique ou de plantes comme le pastel, qui font partie de l’histoire de Toulouse. Nous sommes véritablement sur quelque chose lié au paysage toulousain », résume-t-elle.
La création prendra la forme d’un long dégradé traversant le pont. Certaines nuances rappelleront l’environnement immédiat, qu’il soit architectural ou naturel.
Et les passants feront partie intégrante de l’installation. En effet, ce projet en grand format est fait pour que les habitants marchent dessus, d’un bout à l’autre.
Une adaptation technique pour la réalisation de la fresque
Habituée à peindre seule et de manière intuitive, Flora Moscovici a dû adapter sa méthode de travail pour ce projet d’envergure. L’artiste collabore avec des peintres en bâtiment de la ville, déjà mobilisés sur les précédentes éditions.
« J’ai dû simplifier un peu ma manière de travailler de façon à pouvoir déléguer certaines tâches. Pour ce faire, j’ai réalisé un plan très précis avec des couleurs qui s’enchaînent, afin que la première couche puisse être appliquée sous forme de bandes, sans que je sois obligée de passer toutes les couleurs moi-même », explique-t-elle.
L’équipe utilise une station de peinture, comparable à un très grand pistolet. Ce matériel permet de couvrir rapidement de grandes surfaces tout en conservant les dégradés recherchés.
Une invitation lancée il y a deux ans
Flora Moscovici avait été invitée à réaliser une fresque sur le pont Saint-Pierre il y a deux ans. Mais son agenda n’avait pas permis de concrétiser une collaboration avec la Ville rose à l’époque.
Entre-temps, elle a déployé “Des briques et des pastèques”, un nuancier flamboyant au musée des Augustins pour sa réouverture en décembre 2025. L’œuvre est peinte directement sur les murs du hall donnant sur l’escalier Viollet-le-Duc.
Une œuvre amenée à disparaître
En plus de l’œuvre d’art, du mobilier temporaire sera installé pour inciter les visiteurs à profiter de la tranquillité du site. Le public trouvera notamment des ombrières, des tables de pique-nique, des sièges et des maisonnettes.
La fresque perdra un peu de sa vivacité au fil des mois à cause de l’usure liée aux déplacements des promeneurs. L’œuvre restera toutefois visible sur le goudron lors de la réouverture du pont aux voitures prévue en octobre.
La peinture est conçu pour durer, mais elle s’effacera ensuite progressivement. « J’aime assez l’idée qu’une œuvre puisse durer un certain temps puis disparaître. Cela me paraît être dans l’ordre des choses », souligne l’artiste, habituée des créations éphémères.











