Après l’annulation de trois journées sur quatre à Garorock, Ludovic Larbodie a présenté ses excuses aux festivaliers dans une vidéo publiée par l’organisation. Canicule, orages, évacuations, colère du public : la 30e édition du festival de Marmande s’est terminée dans l’amertume.
La 30e édition de Garorock devait célébrer trois décennies de concerts à Marmande, dans le Lot-et-Garonne. Elle restera finalement comme l’une des plus difficiles de l’histoire du festival. Après les annulations successives de jeudi, samedi et dimanche, Ludovic Larbodie, directeur et fondateur de l’événement, a pris la parole dans une vidéo publiée par Garorock.
Visiblement marqué par les derniers jours, il a présenté ses excuses aux festivaliers, dont beaucoup ont exprimé leur incompréhension et leur colère après un week-end presque entièrement bouleversé par la météo. « On est dégoûtés parce que ce n’est pas du tout ce à quoi on s’attendait pour la 30e édition », a-t-il reconnu. Le directeur du festival a aussi résumé l’enchaînement des difficultés : « Personne n’imaginait vivre un week-end comme ça. On a eu tous les aléas climatiques possibles. »
Une seule journée maintenue
Garorock devait se tenir du jeudi 25 au dimanche 28 juin sur la plaine de la Filhole. Mais seule la journée du vendredi a finalement pu avoir lieu. Jeudi, l’ouverture du festival a été annulée en raison de la vigilance rouge canicule dans le Lot-et-Garonne. Samedi, les concerts ont de nouveau été annulés à cause du risque d’orages violents. Dimanche, la dernière journée a été définitivement supprimée en raison d’une nouvelle vigilance orage.
Cette soirée de clôture devait pourtant être l’un des temps forts de l’édition, avec une très forte affluence attendue et des concerts très attendus, notamment ceux de Gims et Theodora. Pour les festivaliers venus parfois de loin, la déception est immense. Pour l’organisation, l’annulation de trois journées sur quatre représente aussi un choc symbolique et financier.
« Passer 30 ans pour arriver à faire une édition anniversaire aussi pitoyable… »
Dans sa vidéo, Ludovic Larbodie n’a pas cherché à masquer l’échec ressenti autour de cette édition anniversaire. Le fondateur de Garorock a reconnu les difficultés vécues par le public et par les équipes. « Passer 30 ans pour arriver à faire une édition anniversaire aussi pitoyable… Je suis désolé », a-t-il déclaré.
Il a également admis que l’organisation n’avait pas toujours été à la hauteur des attentes dans un contexte extrêmement compliqué : « On sait à quel point ce week-end a été difficile. Je sais que ça n’a pas été parfait. » Le directeur du festival a aussi évoqué l’épuisement des équipes, après plusieurs semaines de préparation sous de très fortes chaleurs. « On a mis trois semaines à tout monter sous 45 °C pour en arriver là, ce n’est pas cool », a-t-il confié. Selon lui, l’annulation définitive a été vécue comme un véritable coup dur en interne : « On a tous pleuré ce matin. »
Le préfet défend une décision de sécurité
Alors que la contestation monte chez une partie des festivaliers, la préfecture de Lot-et-Garonne assume la décision d’annuler les concerts. Elle a été prise en concertation avec la Ville de Marmande et les organisateurs du festival. Le préfet Bruno André a défendu cette décision, dans des propos relayés par Sud Ouest, en rappelant que la priorité restait la sécurité du public. Selon lui, le risque d’un orage violent, difficile à anticiper précisément, était trop important alors que plusieurs dizaines de milliers de personnes étaient attendues sur le site. « Le côté aléatoire de l’orage complique la manœuvre, mais le plus important, c’est la mise en sécurité des personnes », a-t-il expliqué.
Dans la nuit de samedi à dimanche, un épisode venteux a déjà touché le secteur. Des tentes et des barrières ont été malmenées. Même si la pluie n’a pas été aussi marquée qu’anticipé, les autorités ont estimé que le risque restait trop élevé pour maintenir la dernière journée.
Plus de 20 000 festivaliers mis à l’abri samedi
Samedi, l’annulation des concerts avait déjà entraîné une vaste opération d’évacuation et de mise à l’abri. Plus de 20 000 festivaliers ont dû quitter le site ou être dirigés vers des lieux sécurisés. Plusieurs salles municipales ont été ouvertes par la mairie de Marmande pour accueillir une partie du public. Les campeurs avaient reçu pour consigne de ne prendre que le strict nécessaire et de sécuriser leur matériel face aux vents violents annoncés.
Cette décision a alimenté beaucoup d’incompréhension, notamment chez les festivaliers présents sur place depuis plusieurs jours. Certains dénoncent les temps d’attente, le manque d’informations ou les frais engagés pour une édition largement annulée.
Un coût financier très lourd
Au-delà de la colère des festivaliers, cette édition 2026 risque de peser lourd dans les comptes de Garorock. Ludovic Larbodie avait estimé le manque à gagner de la journée de samedi entre 3 et 3,5 millions d’euros. Avec l’annulation de la journée de dimanche, la perte pourrait être encore plus importante.
La soirée de clôture devait concentrer l’une des plus fortes affluences du week-end. Près de 45 000 festivaliers étaient attendus à Marmande pour cette dernière journée. Pour le festival, la suite s’annonce donc délicate : gérer les remboursements, répondre aux critiques, mesurer l’impact économique et préserver l’avenir d’un événement devenu majeur dans le Sud-Ouest.
Des remboursements annoncés
Garorock a indiqué que les festivaliers concernés seraient remboursés via les différents points de vente. Les modalités précises doivent être communiquées selon les canaux d’achat utilisés. Le festival a aussi organisé la récupération des affaires laissées sur le camping après les évacuations. Des informations ont été données aux campeurs pour leur permettre de revenir sur site dans des conditions encadrées.
Pour beaucoup de festivaliers, la question du remboursement ne suffira toutefois pas à effacer la frustration. Certains avaient engagé des frais de transport, d’hébergement ou de restauration pour plusieurs jours de festival.
Une édition anniversaire gâchée par la météo
Garorock n’avait connu que peu d’annulations de journées depuis sa création en 1997. Mais cette 30e édition aura été rattrapée par un enchaînement météorologique exceptionnel. La canicule a d’abord imposé l’annulation du jeudi. Le vendredi a pu se tenir sous une chaleur intense. Puis les orages ont entraîné l’annulation du samedi et du dimanche.
À Marmande, la fête d’anniversaire s’est donc transformée en crise à gérer. Entre la sécurité du public, la pression météo, les décisions préfectorales et la colère des festivaliers, l’organisation a dû composer avec une situation extrêmement instable. Dans sa vidéo, Ludovic Larbodie a promis de faire au mieux pour gérer les suites de cette édition. « On va essayer de tout faire pour gérer la suite au mieux », a-t-il assuré. Avant de conclure sur une volonté de rebondir : « On va revenir plus fort. »









