Un homme de 77 ans a été grièvement blessé, dans la soirée du samedi 15 août, après avoir été frappé à la tête par une imposante branche tombée sur la place du Ravelin, dans le quartier Saint-Cyprien à Toulouse. En arrêt cardiorespiratoire à l’arrivée des secours, il a pu être réanimé avant d’être transporté au CHU Purpan dans un état très préoccupant.
La porte du Ravelin peine à contenir l’énergie qui s’échappe de l’établissement. Derrière son micro, un chanteur de rock s’époumone devant une salle bondée. Sur la terrasse, les verres se vident et les conversations ont repris. Quelques dizaines de minutes plus tôt pourtant, personne ne savait encore si le concert aurait lieu.
Ce samedi en début de soirée, la vie de la place du Ravelin, dans le quartier Saint-Cyprien, venait de s’arrêter brutalement : un homme, le visage en sang, gisait sur le sol. Une branche imposante d’un vieux platane s’est abattue sur une voiture avant d’heurter ce retraité de 77 ans qui traversait la rue.
Vers 19 h 30, il est sévèrement atteint à la tête. Lorsque les sapeurs-pompiers sont arrivés, la victime se trouvait en arrêt cardiorespiratoire. Longuement prise en charge sur place, elle a finalement pu être réanimée et médicalisée avant d’être transportée au service de déchocage de l’hôpital Purpan, dans un état jugé extrêmement préoccupant. Il est décédé quelques heures plus tard.
Selon plusieurs personnes présentes dans le quartier, une forte bourrasque aurait précédé la chute de la branche. Les circonstances exactes de l’accident devront toutefois être précisées. L’enquête devra les déterminer.

« Ça a vraiment jeté un froid »
Au Ravelin, situé à proximité immédiate, les premiers spectateurs du concert ont découvert une place méconnaissable. « Avec mon copain, on est arrivés vers 20 h 30. Il y avait beaucoup de monde sur la terrasse mais le concert n’avait pas commencé. On s’est étonnés, puis on a vu les gyrophares et tout le secteur bouclé avec de la rubalise », raconte une cliente. En demandant ce qui venait de se produire, elle apprend qu’une branche de l’un des grands platanes de la place est tombée sur un passant.
« C’était très calme alors qu’un concert de punk devait commencer. Ça a vraiment jeté un froid. On ne savait même pas s’il allait avoir lieu », poursuit-elle.
Pendant de longues minutes, les secours se sont affairés autour du septuagénaire. À quelques mètres, les habitués du quartier observaient la scène à distance. « Je vis ici depuis vingt-cinq ans. Je n’ai même pas eu la force de regarder son visage, j’étais persuadé que j’allais le reconnaître », confie l’un d’eux. Dans la foulée, une question revient parmi certains riverains : « Depuis quand ces arbres n’ont-ils pas été élagués ? »
Un contrôle au printemps
L’arbre avait fait l’objet d’un contrôle et d’un entretien complets au printemps, indique la mairie de Toulouse. « Le drame est lié à la chute d’une branche verte, sans aucun signe extérieur de fragilité ou de dépérissement préalable. Ce type d’accident relève du phénomène bien connu de rupture de branche estivale : sous l’effet des canicules répétées et du stress thermique, une branche apparemment saine peut céder subitement, y compris en l’absence de vent violent. Par ailleurs, une alerte de Météo-France pour des vents supérieurs à 60 km/h était en cours à partir de 19 h, et le passage d’une rafale ponctuelle ne peut être exclu à ce stade », précise-t-elle.
La Ville a appris avec « une immense tristesse » le drame. Le Capitole ajoute que « nos pensées accompagnent la famille et les proches de la victime, à qui nous présentons nos condoléances les plus sincères ».
Une fois les secours partis et le périmètre progressivement libéré, la musique a finalement repris ses droits. En milieu de soirée, il ne restait de l’accident que quelques traces ; des feuilles arrachées jonchaient encore le trottoir, mêlées à une fine couche de copeaux de bois. À quelques mètres, sur le passage piéton, des taches de sang avaient commencé à sécher sur les bandes blanches. Le concert, initialement prévu jusqu’à 22 heures, s’est prolongé un peu au-delà. Sur la place, la soirée avait retrouvé son agitation ordinaire.














