EXCLUSIF. Une double affaire judiciaire ébranle l’univers des colonies de vacances. A Toulouse, après la mise en examen d’un directeur de colonie, soupçonné d’avoir dormi en caleçon avec des enfants de cinq et sept ans, son adjoint est à son tour poursuivi. Interrogé sur son inaction face aux dérives du directeur, ce dernier a révélé aux enquêteurs des attirances pédophiles. Une perquisition à son domicile de Narbonne a mené à la découverte d’images suggestives sur son matériel informatique. Mis hors de cause pour la gestion de la colonie, il est désormais poursuivi dans une autre affaire pour détention d’images pédopornographiques.
Alors qu’ils pensaient offrir un séjour de rêve à leurs enfants, des parents découvrent aujourd’hui l’envers du décor d’une colonie de vacances gérée par deux hommes suspectés de pédocriminalité. Derrière les promesses de vacances, l’enquête révèle de lourdes défaillances de l’encadrement.
Après les révélations de la mise en examen d’un directeur de colonie, soupçonné d’avoir dormi avec des enfants durant un séjour, c’est au tour de son adjoint d’être mis en cause dans un second dossier pour détention d’images pédopornographiques.
Des signalements d’animateurs restés vains
Tout commence en 2024. À cette période, le responsable d’une société d’événementiel toulousaine assure également la direction d’une colonie de vacances. Au mois de février, entre le 11 et le 24, deux séjours sont programmés : l’un dans le Puy-de-Dôme, l’autre en Haute-Savoie. Des dizaines d’enfants sont inscrits pour vivre une expérience marquante. Ces vacances sont encadrées par le Haut-Garonnais. Très vite, des animateurs repèrent son comportement qu’ils estiment inapproprié. Ces jeunes hommes constatent que le directeur dort en caleçon, sous une couette avec des enfants et leur fait des câlins.
Les faits sont remontés à son adjoint, qui ne réagit pas. L’affaire finit entre les mains des policiers. Le directeur est soupçonné d’avoir agressé sexuellement deux jeunes pensionnaires, âgés de cinq et sept ans, puis renvoyé devant le tribunal.
Les aveux troublants de l’adjoint lors de l’enquête
Au cours de l’enquête, son adjoint est interrogé pour comprendre son inaction. Les déclarations de cet homme de 41 ans, défendu par Me Pauline Godet, s’avèrent particulièrement troublantes. Face aux forces de l’ordre, le quadragénaire jusque-là sans antécédent judiciaire évoque son attirance pour le patron de la colonie ainsi que pour les mineurs. Son audition s’interrompt soudainement.
Poursuites pour détention d’images pédopornographiques
Quelques jours plus tard, début juillet 2026, l’adjoint reçoit la visite des policiers à son domicile, situé à Narbonne. Il est à son tour placé en garde à vue. On ne lui reproche aucun fait en lien direct avec la colonie, mais la détention d’images pédopornographiques. « Les images retrouvées dans son ordinateur ressemblent plus à des situations suggestives », précise une source proche du dossier. Le suspect avait déjà fait l’objet de soupçons de déviances pédophiles par le passé avant d’être mis hors de cause. Il suivrait actuellement un traitement pour inhiber ses pulsions.
Mis hors de cause concernant les soupçons d’inaction dans la colonie de vacances, l’adjoint est donc poursuivi dans ce second volet lié à la pédopornographie.
Cette affaire met en lumière les failles persistantes dans le contrôle du personnel encadrant, relançant le débat sur l’accès systématique des organisateurs au fichier des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais) lors des recrutements.














