Près d’un an après les incendies historiques qui ont ravagé 17 000 hectares dans l’Aude, Atmo Occitanie publie un rapport sur leurs conséquences sur la qualité de l’air. On fait le point.
Alors que les Pyrénées-Orientales ont été touchées par un incendie d’ampleur, Atmo Occitanie vient de publier son rapport d’évaluation de l’impact des feux historiques d’août 2025 sur la qualité de l’air. Pour rappel, 17 000 hectares étaient partis en fumée dans l’Aude, une personne était morte et 25 autres blessées.
Face à cet incendie qui fut le plus violent de l’été dernier, l’observatoire régional de surveillance de la qualité de l’air avait déployé « en urgence un dispositif exceptionnel » avec l’installation d’une station semi-fixe mesurant les particules en suspension dans l’air (PM) à Carcassonne et de trois jauges permettant de mesurer les dioxines/furanes et les HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) dans les retombées atmosphériques. Il vient de dévoiler les résultats de ces observations.
Les résultats du rapport d’évaluation de l’impact des incendies sur la qualité de l’air
Tout d’abord, Atmo Occitanie a pu relever, lors de la période des feux, une hausse des concentrations de particules en suspension (PM), aussi bien de PM10 et PM2.5 et de particules très fines (PM1) « qui sont identifiées comme traceur de combustion », sur toute la région. D’ailleurs, le feu a eu un impact bien au-delà de son foyer. Les émissions de particules fines et ultrafines dues aux incendies de l’Aude ont en effet été visibles jusque dans le Gers et peut-être même plus loin.
Toutefois, il n’y a pas eu de dépassement des seuils règlementaires qualifiant une situation d’épisode de pollution de l’air au mois d’août, même après les feux. Un seul pour les particules fines (PM2.5) a été enregistré à Bolquère, dans les Pyrénées-Orientales, le 16 août. Mais il a été provoqué par les incendies du Sud de l’Europe qui avaient lieu à ce moment-là également.
Quant aux retombées au sol, les HAP ont fortement augmenté en août et les résidus de combustion de végétaux au sol également. Cela a notamment été le cas autour de Toulouse et également de Saint-Estève, dans les Pyrénées-Orientales ou du fluoranthène, un composé traceur de combustion de biomasse, a été mesuré dans les retombées atmosphériques. Mais « aucune trace anormale de composés plus toxiques comme les dioxines n’a été détectée », fait savoir l’observatoire. De même pour les furanes.
Atmo appelle à « la constitution de bases de données régionales de référence »
Atmo Occitanie tire deux enseignements de ces résultats. Le premier : « les incendies ne sont pas un problème local ». « Les fumées de l’Aude et de l’Espagne ont modifié la structure des particules de l’air sur l’ensemble de l’Occitanie, touchant des zones rurales pourtant éloignées ». Le second : la nécessité de surveiller le “réenvol”. « Les niveaux de HAP dans les retombées atmosphériques traduisent une éventuelle influence du réenvol de poussières depuis les zones incendiées qu’il serait pertinent d’étudier avec davantage de données ».
C’est pourquoi l’observatoire estime que « des moyens et une organisation régionale en capacité de réagir rapidement seront nécessaires », alors que ceux qu’il avait mis en place ont « permis d’évaluer partiellement l’impact de cet incendie sur la qualité de l’air ». Et, ce « pour répondre aux questions légitimes que soulèvent ce type d’évènements qui devraient se multiplier ». « La constitution de bases de données régionales de référence hors incendie sur des polluants d’intérêt permettrait de mieux appréhender l’impact de ceux-ci dans l’avenir », conclut-il.

















