EXCLUSIF. À Toulouse, un différend familial lié à une séparation a basculé dans l’ultra-violence le samedi 11 juillet. Deux adolescents de seize et dix-sept ans ont été mis en examen pour tentative de meurtre après avoir asséné dix coups de couteau à un homme de 53 ans, l’ex-époux de la sœur de l’un d’eux. Alors que les agresseurs présumés évoquent un simple déménagement d’affaires qui a dégénéré, la victime dénonce un acte de sang-froid prémédité. L’un des mineurs a été placé en foyer départemental, l’autre placé sous contrôle judiciaire.
Dix coups de couteau pour solder les comptes d’un divorce. Moins de quarante-huit heures après la violente agression survenue dans le quartier Lalande, à Toulouse, les premières décisions judiciaires ont été rendues. Déférés au palais de justice à l’issue de leur garde à vue au commissariat central, deux adolescents de seize et dix-sept ans ont été officiellement mis en examen pour tentative de meurtre par un juge d’instruction.
Le prétexte du déménagement
Samedi 11 juillet, dans l’après-midi, alors que le mercure flirtait avec les 38 °C sur la Ville rose, le face-à-face a tourné à l’affrontement au domicile de la victime, un homme de 53 ans. Lors de leurs auditions devant les enquêteurs, les deux mineurs ont tenté de justifier leur irruption dans l’appartement. Selon leurs déclarations, ils s’étaient rendus sur place pour « récupérer » des affaires appartenant à la sœur de l’un d’eux, qui n’est autre que l’ex-femme du quinquagénaire.
Une version des faits que la victime conteste fermement depuis son lit d’hôpital. Pour cet homme, qui se remet lentement de ses blessures, il n’y a eu aucune discussion ni provocation : il affirme avoir été la cible d’une véritable tentative de meurtre, commise de sang-froid et sans motif valable.
Dix jours d’ITT
Si le quinquagénaire voit aujourd’hui son état de santé s’améliorer, les constatations médicales démontrent la violence de l’agression. Le médecin légiste a fixé l’incapacité judiciaire de la victime à dix jours, après avoir constaté de nombreuses plaies dont certaines auraient pu s’avérer mortelles. L’instruction devra désormais déterminer s’il s’agit d’une expédition punitive préméditée ou d’une altercation qui a tragiquement dérapé.
Décisions de placement
À l’issue d’un débat devant le juge des libertés et de la détention (JLD), le sort des deux adolescents a été scellé. L’un d’eux, défendu par Me Virginie Augot et Me Jacques Derieux, a évité l’incarcération. Le magistrat a ordonné son placement immédiat au sein du centre départemental de l’enfance et de la famille (CDEF). Le second adolescent, défendu par Me Justine Dalloz, est placé sous contrôle judiciaire.
L’information judiciaire qui s’ouvre désormais va s’attacher à fouiller le passé de ces deux jeunes prévenus et à éclaircir les zones d’ombre d’un conflit familial qui a frôlé le point de non-retour.













