Le CHU de Toulouse, en partenariat avec le Medes, recrute en ce moment des femmes volontaires pour une étude clinique sur les effets du jeûne intermittent et de l’activité physique dans l’obésité. Le profil recherché est très précis, le programme entièrement encadré, et les participantes seront indemnisées pour leur engagement.
Une étude pensée pour des femmes dans une situation très précise
C’est à l’hôpital Rangueil que se joue cette nouvelle aventure scientifique, portée conjointement par le Centre d’Investigation Clinique du CHU de Toulouse et le Medes, la clinique spatiale toulousaine qui mène depuis des années des protocoles de recherche ambitieux sur le corps humain. L’étude, baptisée TIMEDIAB, s’intéresse à un phénomène encore mal compris : la perte progressive de masse musculaire chez les femmes ménopausées qui cumulent obésité et diabète de type 2, un tableau clinique particulièrement à risque après 50 ans.
Pour pouvoir participer, il faut répondre à quatre critères cumulatifs. Être une femme de 45 à 70 ans, ménopausée, atteinte d’un diabète de type 2, et présenter un indice de masse corporelle (IMC) compris entre 30 et 45 kg/m². Ce ciblage n’est pas anodin, puisque la combinaison de ces facteurs crée un terrain particulièrement propice à la sarcopénie, c’est-à-dire à la fonte musculaire silencieuse qui s’accélère avec l’âge et aggrave les complications métaboliques. Chez les femmes ménopausées en situation d’obésité, cette perte de masse musculaire peut survenir sans que la balance bouge d’un gramme, car la masse grasse compense souvent la disparition progressive du tissu musculaire, ce qui rend le phénomène difficile à détecter sans bilan médical approfondi. C’est précisément ce mécanisme que les chercheurs veulent mieux comprendre, et surtout contrecarrer.
Un programme de 12 semaines entièrement pris en charge
Ce que propose l’étude, c’est un protocole de vie structuré sur 12 semaines, qui combine deux leviers complémentaires : l’alimentation restreinte dans le temps, aussi connue sous le nom de jeûne intermittent, et une activité physique adaptée. Concrètement, les participantes bénéficieront d’un suivi personnalisé par une diététicienne pour la partie nutritionnelle, et d’un encadrement par un coach sportif pour les séances d’activité physique. Un suivi médical accompagne l’ensemble du parcours, ce qui distingue ce type de protocole d’une simple prise en charge diététique classique.
Il ne s’agit donc pas d’une étude médicamenteuse où l’on testerait une molécule sur des cobayes. Le principe est bien différent : les femmes recrutées vont vivre, durant trois mois, un programme actif destiné à mesurer l’effet réel de ces interventions sur leur masse musculaire, leur équilibre glycémique et leur condition physique générale. Les résultats attendus pourraient à terme changer la façon dont la médecine prend en charge l’obésité féminine après la ménopause, en proposant des alternatives non médicamenteuses mieux calibrées. Pour les participantes, c’est autant une contribution à la recherche qu’un accompagnement concret dont elles bénéficient directement, et ce sans avancer le moindre euro.
Pourquoi une indemnisation, et comment candidater ?
Dans le cadre des essais cliniques, la loi française prévoit une indemnisation des contraintes subies par les volontaires, ce qui n’a rien à voir avec une rémunération au sens habituel du terme. Le temps mobilisé, les examens médicaux, les visites régulières à l’hôpital Rangueil, tout cela représente un engagement réel pour les participantes, d’autant que les frais de déplacement sont également pris en charge par l’établissement. C’est une façon de rendre l’accès à la recherche plus équitable, en levant les obstacles pratiques qui pourraient décourager des volontaires pourtant éligibles et motivées. La contrepartie financière est aussi une reconnaissance de ce que le CHU demande : du temps, de la régularité, et une implication sérieuse sur trois mois.
L’étude est portée par le Dr Emilie Montastier, endocrinologue à l’hôpital Rangueil et investigatrice principale du projet, dont les travaux s’inscrivent dans une dynamique plus large de recherche sur les interventions non médicamenteuses dans les maladies métaboliques. Le démarrage des inclusions est prévu pour septembre 2026, ce qui signifie que les candidatures sont ouvertes dès maintenant. Pour se porter volontaire ou obtenir davantage d’informations, il est possible de contacter directement l’équipe par e-mail à montastier.e@chu-toulouse.fr ou à tomasik.a@chu-toulouse.fr. Les places sont limitées, et les critères d’inclusion stricts : inutile d’attendre si le profil correspond.












