La Chambre régionale des comptes d’Occitanie critique la gestion de l’office du tourisme de La Grande-Motte dans un rapport publié le 8 juillet. Elle pointe des conflits d’intérêts, des procédures de recrutement insuffisamment respectées et un soutien financier communal maintenu malgré la hausse de la taxe de séjour.
C’est un document explosif. La Chambre régionale des comptes d’Occitanie dresse un constat sévère sur la gestion de l’office du tourisme de La Grande-Motte. Dans un rapport publié le 8 juillet, elle relève des faiblesses de gouvernance, des situations de conflits d’intérêts et plusieurs irrégularités dans la gestion des ressources humaines.
Les magistrats financiers estiment notamment que le comité de direction, présidé par le maire de la commune, « s’est peu intéressé au fonctionnement et à la performance de l’office ». Ils jugent également que les procédures internes en matière de recrutement, de temps de travail et de commande publique ne sont pas pleinement respectées.
Une gouvernance et des recrutements critiqués
La Chambre souligne qu’entre 2021 et 2023, neuf ruptures conventionnelles ont été conclues pour un coût total de 277 000 euros, « sans que l’intérêt de l’office du tourisme ne puisse être systématiquement identifié ». Elle relève aussi plusieurs recrutements de proches des dirigeants sur la même période.
Autre critique : les nombreuses revalorisations salariales du directeur et l’attribution d’une indemnité de départ à la retraite auraient été décidées par le seul président de l’office, sans être régulièrement présentées au comité de direction puis autorisées par celui-ci.
Dans sa réponse, le directeur de l’office du tourisme, Jérôme Arnaud, réfute l’idée que sa rémunération soit excessive. Selon lui, elle correspond aux responsabilités exercées, à son expérience et aux performances de l’office.
Concernant les recrutements, il affirme que « le recrutement de certains agents qui avaient des liens familiaux avec des agents déjà en poste au sein de l’OT n’a jamais été déterminé en raison de ces liens » et qu’ils répondaient à « un besoin effectif » dans des contextes d’urgence ou de difficultés de recrutement.
Une situation financière solide
Sur le plan financier, la Chambre constate une situation « très largement soutenable ». Les réserves demeurent élevées et la trésorerie reste confortable malgré des résultats d’exploitation déficitaires entre 2021 et 2023.
Elle note toutefois que la taxe de séjour a progressé de 75,2% entre 2018 et 2024, atteignant 1,5 M€, tandis que la subvention communale a continué d’augmenter jusqu’à 1,3 M€ en 2024. Elle a depuis baissé de 250 000 euros. Les objectifs fixés en 2020, de réduire progressivement ce soutien, n’ont pas été respectés jusqu’en 2024, pointe l’institution.
De son côté, le directeur affirme que « la subvention de la commune est en baisse de 14,9% (sur la période 2018-2024, ndlr) et cette tendance à la baisse se confirme en 2025 et en 2026 ».
Il rappelle aussi que « la situation financière de l’office du tourisme est saine » et attribue les déficits enregistrés entre 2021 et 2023 aux efforts engagés pour relancer l’activité touristique après la crise sanitaire. Il souligne également que la fréquentation de la station a ensuite fortement progressé.
Six recommandations encore non appliquées
Au total, la Chambre formule sept recommandations. Une seule est en cours de mise en œuvre. Les six autres concernent notamment le contrôle de la taxe de séjour, la prévention des conflits d’intérêts, les procédures de recrutement, le contrôle du temps de travail et les conditions de rémunération du directeur.
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