Carburant, tabac, alimentation ou vêtements : les habitants d’Occitanie sont nombreux à traverser la frontière pour leurs achats, surtout en été. Selon l’Insee, l’Espagne et l’Andorre attirent chaque année des milliers de consommateurs. Une mention spéciale est délivrée à ceux venus des Pyrénées-Orientales.
Traverser la frontière pour faire le plein, acheter du tabac ou passer une journée à faire du shopping n’a rien d’exceptionnel pour de nombreux habitants d’Occitanie, surtout durant la période estivale. Malgré un contexte économique qui évolue, les commerces espagnols et andorrans continuent d’attirer une partie des consommateurs de la région.
C’est ce que met en évidence une étude de l’Insee, réalisée à partir des paiements par carte bancaire en 2024. L’institut de statistiques souligne que « les ménages effectuent la plupart de leurs achats transfrontaliers en Espagne et en Andorre : respectivement 73% et 12% », confirmant le poids prépondérant de ces deux destinations dans les habitudes de consommation des habitants de la région.
Dans les faits, ces achats ne représentent qu’une faible part des dépenses des ménages. Les transactions effectuées en Espagne et en Andorre pèsent ainsi 3,8% du montant total des achats réalisés par carte bancaire dans les commerces physiques. Mais derrière cette moyenne régionale se cache une réalité plus nuancée : si les montants restent limités, les passages de l’autre côté des Pyrénées concernent un grand nombre d’habitants.
L’an dernier, 43% des ménages d’Occitanie ont effectué au moins un achat en Espagne. La principauté d’Andorre attire, elle aussi, une clientèle fidèle, avec 12% des foyers ayant utilisé leur carte bancaire au moins une fois sur son territoire.
À l’échelle des régions françaises frontalières, l’Occitanie occupe une position intermédiaire. Les habitants y franchissent plus volontiers la frontière que ceux de Nouvelle-Aquitaine, sans toutefois atteindre les niveaux observés dans le Grand Est.
Les Pyrénées-Orientales se distinguent nettement
Sans surprise, les territoires situés au plus près de la frontière concentrent l’essentiel de ces habitudes de consommation. Les Pyrénées-Orientales font figure d’exception : dans ce département, plus d’un euro sur dix dépensé par carte bancaire dans les commerces l’est en Espagne ou en Andorre.
La proximité immédiate avec la Catalogne espagnole, mais aussi la présence de secteurs commerciaux comme ceux du Perthus ou de La Jonquera, expliquent en partie cette situation. Résultat, près de huit ménages sur dix y ont effectué au moins un achat en Espagne au cours de l’année 2024, un niveau sans équivalent dans le reste de la région.
D’autres départements sont également concernés, mais dans une moindre mesure. En Ariège, les consommateurs regardent davantage vers l’Andorre que vers l’Espagne. Près d’un ménage sur deux y a réalisé au moins un achat dans la principauté, notamment grâce à un accès relativement rapide au Pas de la Case par la RN20.
Les Hautes-Pyrénées et l’Aude enregistrent elles aussi une part d’achats transfrontaliers supérieure à la moyenne régionale. À l’inverse, la Haute-Garonne apparaît moins tournée vers ces déplacements. Bien que frontalière, elle souffre d’un accès moins direct aux principales zones commerciales espagnoles. L’Hérault, de son côté, profite de la liaison autoroutière vers la frontière pour maintenir un niveau d’achats relativement soutenu.
Des habitudes de consommation différentes selon la destination
Les produits recherchés varient également selon le pays. En Espagne, les consommateurs se tournent davantage vers les stations-service, les bureaux de tabac ainsi que les établissements de restauration et d’hébergement. Les achats réalisés en Andorre concernent plus souvent les commerces alimentaires et les boutiques de vêtements.
Ces différences illustrent des usages distincts de part et d’autre de la frontière. Certains déplacements répondent à des besoins du quotidien, tandis que d’autres s’inscrivent davantage dans le cadre d’une sortie ou d’un séjour touristique.
Au final, même si ces dépenses restent limitées dans le budget global des ménages, elles témoignent de liens commerciaux toujours étroits entre l’Occitanie et ses voisins. L’Insee rappelle d’ailleurs que « les achats de l’autre côté de la frontière pèsent peu dans les dépenses physiques par carte bancaire des habitants d’Occitanie, [mais] de nombreux ménages effectuent au moins épisodiquement un achat de ce type ».


















