Déposer de la paille et investir dans des bâches pour faire de l’ombre. La sécheresse historique bouleverse les adhérents des jardins familiaux toulousains. Les cultures souffrent de la chaleur et les légumes ne poussent pas. Retraités pour la plupart, les jardiniers amateurs subissent les températures élevées et les solutions envisagées dépensent énormément d’énergie, sans résultat visible. Ce qui devait être une simple occupation devient un véritable calvaire. Nous sommes allés à leur rencontre.
Mardi 14 juillet 2026, jour de fête nationale, mais surtout jour de repos pour Daniel Boutaud, qui peut venir promener son chien dans les jardins familiaux de Périole à Balma. À 8 h 30, il rejoint les autres jardiniers autour d’une table pour un café. Ce jour-là, après quelques familiarités, la discussion arrive vite autour des récoltes de chacun : « Je n’ai toujours pas de tomates rouges alors que j’ai planté en février », s’exclame Jean-Luc, retraité venant s’occuper de son jardin à la fraîche.
La cause ? Une sécheresse, des températures et un soleil omniprésents depuis début mai. Co-responsable du site, Daniel Boutaud doit gérer les imprévus des quelque 230 jardins composant le lieu. « On doit changer nos habitudes, tout est déréglé », explique-t-il.
Des conséquences lourdes sur les cultures
Au-delà d’un simple manque d’eau, la sécheresse cause des problèmes majeurs pour les jardins de Périole. Éléonore s’occupe de sa parcelle tous les matins depuis un an, mais face au soleil, ses cultures s’affaiblissent. « Il y a plein de choses que je n’ai pas pu planter. La citronnelle n’aurait pas survécu », confie-t-elle. Il faut faire des choix, cultiver certains légumes plutôt que d’autres. Jean-Luc, toujours en buvant son café, précise que « les mûres ont cramé et les pommes de terre ne sortent pas. Ce qui marche, c’est les aubergines et les courgettes ». Des choix contraignants pour la diversité de production.
Pour contrer cela, l’équipe de jardiniers doit innover. Daniel Boutaud, plutôt agacé par tous ces contretemps, déclare : « On doit inventer les solutions ». Mais cela a des conséquences notamment économiques, chacun doit « investir dans des bâches d’ombrage » pour protéger les plantes de la chaleur intense liée à l’exposition au soleil.

Il y a quatre ans, les premières restrictions sur l’utilisation de l’eau en période de canicule touchaient déjà les jardins partagés du site de Périole. Depuis, « on arrose une fois tous les deux jours et seulement de 6 h à 10 h, puis de 20 h à 22 h », détaille Daniel Boutaud. Des horaires qui limitent l’activité et obligent les jardiniers à se lever plus tôt et à se coucher plus tard. Ainsi, pour compenser, certains mettent de la paille sur les racines pour retenir la faible humidité et maintenir les pieds en vie.
« On a dépensé beaucoup d’énergie »
Daniel Boutaud, Éléonore, Jean-Luc et tous les autres n’ont pas le jardinage pour activité rémunérée, « ce n’est pas notre métier », explique le co-responsable. Ce qui caractérise une vraie passion pour les associés des jardins familiaux peut en frustrer certains lorsque les conditions sont difficiles. « C’est dur de voir les tomates ne pas donner grand-chose alors qu’on a dépensé beaucoup d’énergie », confie une jardinière.

D’autres se rassurent comme ils le peuvent : « Cette année, on est bien, il ne pleut pas et on ne porte pas de manteau », déclare Ali en ironisant sur l’absence de pluie.












