Le lieutenant Benoît Sanchez, conseiller technique de l’USAR (unité de sauvetage, d’appui et de recherche) du SDIS de l’Aude était ce mardi matin l’invité d’ICI Occitanie une semaine après la tornade de Pomas. C’est grâce à ses équipes que les 476 maisons de la commune ont été évaluées.
L’USAR du service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de l’Aude a l’habitude d’intervenir dans des zones sinistrées par des catastrophes naturelles, comme à Mayotte l’an dernier. Quand il est arrivé à Pomas après la tornade, il y a une semaine, le lieutenant Sanchez a été surpris. « Les dégâts sur notre département de ce style-là, on n’en a jamais vu. Parce que c’est nouveau. Après, on est habitué parce qu’on s’entraîne chaque année, chaque mois à des éventuels phénomènes de cette force. »
La commune de Pomas compte 476 maisons, les trois quarts ont été endommagées. La première chose que les pompiers ont faite en arrivant dans la commune a été de rechercher d’éventuelles victimes car les pires rumeurs ont très vite circulé. Bilan : des dégâts considérables, mais heureusement, pas de mort ni de blessé grave. « C’est miraculeux », indique le conseiller technique de l’USAR, soulagé.
Ensuite, sur les bâtiments, « on a mis en place une méthodologie de sectorisation qui nous a permis de pouvoir gérer l’événement », explique Benoît Sanchez. Un code couleur a été mis en place, du noir au vert. Noir pour les maisons inhabitables. Aujourd’hui, 47 maisons sont inhabitables, précise-il. « Dans la nuit, on a fait plus de 150 évaluations bâtimentaires pour pouvoir organiser la suite de l’événement. »
Ce qui est fou, c’est que dans les décombres, on voit très clairement par où est passée la tornade lundi dernier vers 17h. « On voit l’axe de propagation, oui, c’est bien significatif » confie le pompier. Car toutes les maisons soufflées sont des constructions récentes. « Les maisons récentes ont une résistance moins importante que les bâtiments qui datent de 1900 », explique-t-il. Celles construites avec des briques et de la colle « se sont vraiment désagrégé plus rapidement qu’une construction traditionnelle avec du ciment ou du béton ». Preuve qu’on construit beaucoup moins solide aujourd’hui, ou plus vite.
Pour Benoît Sanchez, également maire de Fontiers-Cabardès, dans la Montagne noire, il faut absolument travailler la culture du risque. « Il faut vraiment qu’on ait cette culture du risque, On travaille donc justement sur la préparation, afin de pouvoir sensibiliser et motiver tous les maires et tous les élus à vraiment avoir cette culture du risque et à former les populations », conclut-il.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555




















