L’A380 entame une seconde vie spectaculaire. Retiré du stockage à Tarbes, l’appareil MSN 114 devient le nouveau laboratoire volant d’Airbus pour tester les moteurs RISE, promettant 20 % de consommation en moins d’ici 2029.
L’histoire de l’A380 est loin d’être finie ! Alors qu’encore 160 exemplaires sont toujours en service dans le monde (dont 116 pour Emirates) auprès de onze compagnies, un exemplaire vient d’être tiré de la douce retraite qu’il passait au pied des Pyrénées. Stocké sur le site de Tarmac à Tarbes, le superjumbo portant le numéro de fabrication MSN 114 appartenait à la Malaysian Airlines. Airbus avait racheté les A380 de la compagnie dans le cadre d’un contrat de vente pour des A330 NEO. C’est la filiale Airbus Financial Services qui en est officiellement le propriétaire aujourd’hui.
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Désormais réimmatriculé, l’appareil avait effectué son premier vol en 2012 et avait été exploité durant sept ans par la compagnie malaisienne avant d’être stocké en Bigorre pendant la crise du Covid. Fin 2025, les équipes d’Airbus l’avaient alors convoyé à Abou Dhabi pour subir une lourde remise en état dans les ateliers aéronautiques d’Etihad Engineering. Ce n’était que la première étape de la seconde vie que s’apprête à vivre cet appareil. En effet, revenu à Tarbes, l’A380 a quitté la France le 16 juillet dernier pour rejoindre l’aéroport de Shannon, en Irlande. Il doit être repeint aux nouvelles couleurs des Airbus de tests avant de suivre de profondes modifications.
Car ce nouvel arrivé dans la flotte d’Airbus aura une mission bien précise : devenir le laboratoire volant de l’avionneur toulousain qui y testera de nouveaux systèmes et surtout les nouvelles motorisations destinées à équiper le successeur de l’A320 NEO à l’horizon 2035. Cet A380 remplacera donc le premier A380 d’essais du constructeur, qui a joué ce rôle d’avion de tests pendant près de vingt ans.
Un open rotor pour réduire la consommation
Développé en collaboration avec le motoriste CFM International dans le cadre du programme RISE, le nouveau système de propulsion est conçu pour réduire encore la consommation du futur avion monocouloir d’Airbus. Il sera basé sur un concept d’open rotor, c’est-à-dire un moteur sans carénage afin de faire circuler beaucoup plus d’air à travers le système propulsif. L’objectif est de réduire la quantité de carburant nécessaire pour produire la même poussée.
Essais en vol à Toulouse en 2028-2029
Ce moteur consommera 20 % de moins que les moteurs NEO actuels. « Pour tester cette technologie en toute sécurité, nous utilisons l’A380. Avec sa configuration à quatre moteurs et son immense espace de cabine pour des instruments de test avancés, il est idéal pour tester la technologie de demain dans de vraies conditions de vol », a fait savoir Airbus depuis le salon aéronautique de Farnborough. Les premiers essais moteurs au sol sont prévus en 2027. Les essais en vol à bord de cet A380 « Flight Lab » qui sera basé à Toulouse doivent intervenir à l’horizon 2028-2029.

Avant cela, de lourds travaux de modification de mâts réacteurs sur lesquels s’accrochera le futur moteur d’essai doivent être menés. Cet A380 MSN 114 est une partie intégrante du programme européen Companion, financé à hauteur de 25,7 M€ par Clean Aviation de l’Union européenne qui soutient la R&D de la prochaine génération de moteurs moins polluants.











