L’habitat partagé se développe de plus en plus dans le Midi toulousain. Un phénomène qui est porté par des aspirations à la solidarité et à la mutualisation, d’après Lionel Rougé. Ce maître de conférences en géographie et urbanisme à l’université Jean-Jaurès était l’invité d’ICI Occitanie.
L’habitat partagé connaît un engouement croissant dans le Midi toulousain, porté par des citoyens en quête de nouvelles formes de solidarité. Ces projets, qui privilégient la mutualisation et le vivre-ensemble, permettent aux habitants de pallier l’isolement social tout en développant une résilience accrue face aux crises, qu’elles soient sanitaires ou environnementales. Lionel Rougé, maître de conférence en géographie et urbanisme à l’université Jean Jaurès était l’invité d’ICI Occitanie.
« La plupart du temps ça fonctionne parce que c’est des démarches en fait qui sont portées par des logiques affinitaires. La plupart d’entre elles sont souvent accompagnées d’intentions en matière de solidarité, de mutualisation, de partage », explique l’universitaire. Et de poursuivre : « Ils viennent chercher essentiellement une moindre envie de vieillir seul ou de vivre dans des dispositifs existants. Souvent ce sont des personnes qui ont une éthique particulière tournée autour de l’éco-citoyenneté, de la mutualisation, du partage », détaille Lionel Rougé.
Les défis structurels d’un modèle économique fragile
Malgré leur pertinence sociale, ces projets se heurtent à la rigidité des cadres administratifs et financiers actuels, d’après le géographe. Le modèle reste précaire et dépend fortement du soutien des collectivités territoriales pour accéder au foncier, les systèmes de financement classiques, hérités de l’après-guerre, étant inadaptés à ces formes d’habitat collaboratif.
« Il y a un paradigme de la construction du logement en fait ou de la réhabilitation du logement qui reste encore très prisonnier de dispositifs ou de modalités qui ont été inventées après-guerre », explique Lionel Rougé. Ces modèles ne sont donc pas adaptées à **ces nouvelles aspirations citoyennes qui ne rentrent pas « dans les tableaux Excel », remarque Lionel Rougé. Mais « il faut y croire », conclut le géographe parce que ce sont des modèles « plus résilients », selon lui que nos modes d’habitats habituels.
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