En Haute-Garonne, 20 % des communes ont augmenté leur taxe foncière en 2026. Le taux d’imposition varie fortement d’une ville à l’autre, ce qui explique en grande partie les différences que constatent les contribuables en comparant leur avis d’imposition. Par ailleurs, un cabinet d’avocats a constaté que la valeur locative du logement est souvent surévaluée, d’où un surplus perçu par les impôts. On fait le point.
Pour les propriétaires, la rentrée des classes est aussi l’heure de la taxe foncière. L’avis d’imposition est arrivé dans les messageries depuis le 27 août pour les contribuables mensualisés et il arrivera le 19 septembre pour les autres. La date limite de paiement en ligne est le 20 octobre (le 15 octobre pour les autres moyens de paiement). Depuis la suppression de la taxe d’habitation, compensée en théorie par l’État, c’est le principal levier dont disposent les communes. Au grand dam des propriétaires qui se retrouvent en première ligne.
Le top 10 des hausses
En cette année électorale, peu de grandes communes ont augmenté leurs impôts. Malgré les tensions sur les budgets, « elles ont majoritairement fait le choix de la stabilité », note le cabinet FSL. Toulouse et la Métropole, depuis 2015, restent respectivement à 35,35 % et 13,20 %. Malgré tout, en Haute-Garonne, 121 communes sur 586, soit 20 %, ont voté une hausse, selon la plateforme orka.tax, créée par un cabinet d’avocats, qui a compilé tous les chiffres 2026 de la Direction générale des finances publiques. Les plus fortes hausses sont à : Léguevin : +20 % ; Saint-Orens : +18 % ; Lespinasse : +17 % ; Seilh : +13 % ; Antichan-de-Frontignes : +13 % ; Baziège : +6 % ; Saint-Germier : +8 % ; Lapeyre : +9 % ; Lherm : +6 % ; et Cazaux-Layrisse : +10 %.

Le top 10 des taux
Les hausses ne se traduisent pas forcément par une taxe foncière élevée. Il faut pour cela prendre en compte le taux. Si on additionne taxe foncière communale, intercommunale, taxes spéciales 2025 (hors TEOM), les dix taux les plus élevés sont à : Castanet : 73,61 % ; Ramonville : 70,60 % ; Saint-Jory : 70,58 % ; Launaguet : 66,98 % ; Blagnac : 64,98 % ; Saint-Orens : 63,26 % ; Montgiscard : 62,52 % ; Villefranche-de-Lauragais : 62,22 % ; Tournefeuille : 61,63 % ; Salies-du-Salat : 61,51 %.
Cinq communes baissent
Cinq communes baissent légèrement leurs taux : Montréjeau ; Goudex ; Beaumont-sur-Lèze ; Saint-Rome et Saint-Béat-Lez.
Une faible hausse nationale
Le taux est appliqué à une valeur locative (ce que rapporterait le logement s’il était loué pendant un an). Cette valeur est actualisée chaque année par le Parlement. En 2026, elle augmente de 0,8 %, soit 9 € en moyenne. Alors que l’inflation avait provoqué des hausses records : +7,1 % en 2023, +3,9 % en 2024, +1,7 % l’an dernier.
Des valeurs locatives surévaluées
La valeur locative d’un logement repose sur une série de critères : la surface, la vétusté, le confort… dont la référence remonte aux années 70. Ce qui explique que la valeur locative d’un appartement en Seine-Saint-Denis soit aussi haute qu’à Paris. Idem pour le Mirail. En étudiant 1 351 dossiers, orka.tax a découvert que la valeur cadastrale était surévaluée dans 87 % des cas. D’où un surplus de 260 € en moyenne payé chaque année. En attendant une réforme encore repoussée à 2031, il est possible de demander à l’administration la fiche d’évaluation cadastrale de son logement.
Les exonérations prévues par la loi
La loi prévoit des exonérations pour les personnes âgées ou handicapées et de condition modeste. Sont exonérés : les titulaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées et de l’allocation d’invalidité ; les redevables âgés de plus de 75 ans sous réserve d’un niveau de ressources ; et les titulaires de l’allocation adultes handicapés sous réserve également de leur niveau de ressources. Les personnes dont le revenu fiscal est inférieur à un certain niveau sont aussi concernées. Une exonération temporaire de deux ans est prévue pour les nouvelles constructions ou reconstructions et certains changements d’affectation. Certaines collectivités exonèrent pendant trois ans en cas de travaux d’économie d’énergie. Si vous êtes âgé de plus de 65 ans et de moins de 75 ans, il existe un dégrèvement de 100 €. Enfin, la taxe foncière est plafonnée en fonction des revenus.


















