Cadences en hausse, recrutements, successeur de l’A320 NEO, lycée Airbus qui double de taille… l’avionneur toulousain croule sous les projets. 2026 sera une année charnière qui verra Airbus changer de dimension et conforter sa place de n° 1 mondial.
À Blagnac, près de Toulouse, il se passe quelque chose. On sent que les dimensions changent dans ce qu’on appelle souvent Airbus ville. L’avionneur européen pousse les murs, s’étend encore, multiplie les travaux, construit de nouveaux halls, inaugurera très prochainement un centre de livraisons d’avions supplémentaire, réinvestit le site Jean-Luc Lagardère, l’usine la plus grande d’Europe qui assemblait autrefois l’A380. Il y produit désormais sur deux lignes d’assemblage son best-seller, l’A320, qui emploient à elles seules un millier de compagnons.
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Premier employeur privé d’Occitanie
Et dans le ciel de la Ville rose, les Toulousains voient tous les jours des avions aux couleurs de compagnies aériennes du monde entier : United Airlines, Air Canada, Wizz Air, Qatar Airways, Transavia… survolent le périphérique de la troisième ville de France qui sera dotée fin 2028 d’une ligne de métro qui desservira les plus grands sites industriels d’Airbus à Toulouse. Ils emploient 17 000 salariés auxquels se rajoutent 9 000 personnes au siège mondial à Blagnac et 5 000 collaborateurs pour la division spatiale au sud de Toulouse. « Airbus est le premier employeur privé d’Occitanie avec 33 000 salariés », résume sobrement mais avec fierté, Guillaume Faury.
Dix ans de carnet de commandes, « du jamais vu »
Le président exécutif d’Airbus a reçu la presse quotidienne régionale (PQR) pour partager les avancées mais aussi les défis du groupe d’aéronautique et de défense. Car dans les usines d’Airbus, ça bouillonne avec des cadences de production qui ne cessent d’augmenter pour répondre à la demande mondiale. Le groupe toulousain affiche dix ans de carnet de commandes devant lui avec plus de 9 300 appareils à livrer.
Aucune industrie au monde ne jouit d’une telle visibilité. Six ans après le covid qui avait frappé de plein fouet le transport aérien mondial, la filière aéronautique d’Occitanie a enfin effacé les conséquences de la crise sanitaire avec un chiffre d’affaires supérieur de 8 % à celui de 2019 selon l’Insee.
Le cap des 1 000 avions neufs par an en ligne de mire
Mais la croissance rapide suscite aussi des difficultés : le motoriste américain Pratt & Whitney ne réussit pas à suivre le rythme et ne livre pas autant de moteurs que prévu ce qui pénalise les livraisons d’Airbus. Il y a tout juste un an, Airbus a aussi dû racheter plusieurs sites industriels de son fournisseur américain de fuselage et d’ailes Spirit Aerosystems pour en reprendre le contrôle. En 2025, ces écueils ont fait rater l’objectif de livrer 820 appareils à Airbus avec finalement 793 avions.
Cette année, le patron d’Airbus maintient l’ambition de livrer 870 appareils. « Nous retrouverons notre niveau d’avant covid quand nous avions livré 863 avions en 2019 » insiste-t-il. 2026 est donc une année charnière pour le champion européen qui accroît massivement sa production dans le monde entier avec ses dix lignes d’assemblage d’A320. Livrer 1 000 appareils neufs par an est clairement un horizon d’ici 2030 car la cadence des avions long-courriers va elle aussi bondir. Des études sont en cours pour faire passer la production de l’A350 de cinq avions par mois à douze.
Le lycée Airbus double de taille
Mais le groupe prépare aussi le futur. Le lycée Airbus va quitter le centre-ville de Toulouse pour presque doubler de taille et passer de 450 à 800 élèves en 2030 pour préparer les talents de demain. Pour le futur, Airbus poursuit aussi ses études pour imaginer le successeur de l’A320. Prévu pour une entrée en service entre 2035 et 2040, cet avion aura la lourde tâche de remplacer la cash machine qu’est devenu l’A320 en gardant une longueur d’avance sur les Chinois et l’Américain Boeing.
















