Face à la baisse annoncée des effectifs scolaires, le Tarn-et-Garonne expérimente une méthode pour repenser une nouvelle carte scolaire. En visite à Montauban, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a échangé avec les élus sur l’avenir des écoles.
La baisse du nombre d’élèves n’est plus une projection lointaine, mais une réalité à laquelle les territoires vont devoir s’adapter. C’est dans ce contexte que le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, s’est rendu à Montauban, ce jeudi 23 juillet, pour faire le point sur l’expérimentation de la nouvelle carte de l’offre scolaire. Le Tarn-et-Garonne figure parmi les départements retenus pour tester ce dispositif, qui pourrait être étendu à l’ensemble du pays dans les prochains mois.
En préfecture, le ministre a réuni une quinzaine d’élus, parmi lesquels plusieurs maires du département, ainsi que des représentants du conseil départemental et de la Région Occitanie. Tous étaient invités à réfléchir à une même question : comment préserver une offre éducative adaptée alors que les effectifs scolaires sont appelés à diminuer durablement ?
Les chiffres avancés par le ministère donnent la mesure de l’enjeu. D’ici cinq ans, près de 4 500 élèves pourraient manquer dans les établissements tarn-et-garonnais. À l’horizon d’une décennie, le département enregistrerait une baisse de l’ordre de 18% de ses effectifs. Pour le gouvernement, cette évolution rend indispensable une réflexion de fond sur l’organisation du réseau scolaire.
Une vision à long terme pour adapter le réseau scolaire
Plutôt que de revoir chaque année la carte scolaire au gré des ouvertures et fermetures de classes, l’État souhaite désormais inscrire cette réflexion dans le temps long. L’ambition est d’anticiper les évolutions démographiques plusieurs années à l’avance afin d’éviter des ajustements successifs qui placent régulièrement les communes devant le fait accompli.
Cette nouvelle approche ne se limite pas au nombre de classes. Elle intègre également la localisation des établissements, les perspectives d’évolution de la population, les capacités d’accueil des bâtiments, les temps de déplacement des élèves ou encore la diversité des enseignements proposés.
Parmi les pistes étudiées figure notamment l’installation de certaines classes de CM1-CM2 au sein des collèges lorsque les locaux le permettent. Les regroupements pédagogiques entre communes font également partie des scénarios envisagés afin de mieux répartir les effectifs sur un même bassin de vie.
Au cours des échanges, Édouard Geffray a insisté sur le fait qu’aucun modèle unique ne serait imposé. Selon lui, les réponses devront être construites avec les élus locaux et tenir compte des spécificités de chaque territoire, notamment en matière de mobilité ou d’accessibilité des écoles.
Cette volonté d’anticipation est également partagée par le préfet de Tarn-et-Garonne, Sébastien Cauwel, qui estime qu’une planification à plusieurs années permettrait aux collectivités de mieux préparer les évolutions à venir. Le maire de Lafrançaise, Thierry Delbreil, a pour sa part considéré que cette baisse des effectifs pouvait aussi devenir une opportunité pour repenser les moyens consacrés à l’éducation. Même analyse du recteur de l’académie de Toulouse, Karim Benmiloud, qui a rappelé que cette réorganisation devait avant tout garantir une offre scolaire ambitieuse, quel que soit le lieu de résidence des élèves.
Les organisations syndicales réclament d’être associées à la réflexion
Si les élus ont été conviés à cette première réunion de travail, les représentants des enseignants étaient absents de la table des discussions. Une situation dénoncée par le SNUipp-FSU 82, premier syndicat du premier degré dans le département, qui regrette de ne pas avoir été consulté dans cette phase de l’expérimentation.
Le syndicat s’interroge sur les conséquences que pourrait entraîner une réorganisation du maillage scolaire. Il craint notamment que la diminution du nombre d’élèves conduise à privilégier des établissements plus importants, au détriment des petites écoles rurales, avec des temps de trajet allongés pour certains enfants.
De son côté, le ministère assure que ces questions feront partie intégrante de la concertation engagée dans les territoires. Les résultats de cette expérimentation, conduite dans 18 départements, doivent permettre de définir une nouvelle méthode d’élaboration de la carte scolaire. Si les conclusions sont jugées concluantes, le dispositif pourrait être généralisé à l’échelle nationale et inspirer les prochaines décisions budgétaires concernant l’Éducation nationale.












