Après deux années de correction, le marché immobilier toulousain retrouve une dynamique positive. Au premier semestre 2026, les prix ont progressé de 1,1 % selon les données compilées par les observatoires du marché, dans une ville qui résiste mieux que la plupart des grandes métropoles françaises. Derrière ce retournement, plusieurs mécanismes se conjuguent : des taux de crédit stabilisés, un retour discret mais réel des acheteurs, et une attractivité structurelle que la ville rose n’a jamais vraiment perdue.

Deux ans de correction, puis le rebond
Pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui, il faut revenir à 2022. Cette année-là, la Banque centrale européenne engage un cycle de hausses des taux directeurs pour juguler l’inflation, et le marché immobilier toulousain, comme partout en France, entre dans une phase de refroidissement. Entre le 1er juillet 2024 et le 30 juin 2025, le prix médian d’un appartement ancien à Toulouse recule de 2,5 % pour s’établir à 3 170 euros le mètre carré, selon la Chambre interdépartementale des notaires de Haute-Garonne. Le volume de transactions, lui, chute bien plus fortement : 24 % de ventes en moins sur cette période, signe que le marché se grippe davantage qu’il ne s’effondre.
Comme nous vous le disions au printemps, le marché commençait pourtant à montrer des signes de reprise sur certains quartiers dès le début de l’année 2026. Roseraie, La Cépière, Empalot ou encore Purpan avaient affiché des hausses à deux chiffres sur un an, préfigurant un mouvement plus général qui se confirme désormais à l’échelle de toute la ville.
Le crédit, moteur silencieux du retournement
Le changement de cap s’explique d’abord par l’évolution du crédit immobilier. Après le pic de 2023-2024, les taux se sont progressivement assagis pour s’établir, en juillet 2026, autour de 3,36 % sur 20 ans en moyenne selon l’Observatoire Crédit Logement, avec des offres encore plus compétitives pour les meilleurs profils. Ce niveau reste élevé comparé à l’ère des taux bas d’avant 2022, mais il offre aux acheteurs une visibilité qu’ils n’avaient plus depuis deux ans.
Le résultat se mesure concrètement : la production de crédits immobiliers a rebondi de 26,9 % en 2025, portée notamment par le retour des primo-accédants qui avaient mis leur projet en attente. Ces acheteurs d’un premier bien, souvent plus jeunes et plus sensibles aux conditions d’emprunt, représentent une part significative de la demande toulousaine puisque la ville compte une population étudiante et une tranche de jeunes actifs particulièrement dense. Leur retour sur le marché suffit à exercer une pression à la hausse sur les prix, surtout dans les segments intermédiaires et les quartiers périphériques.
Une attractivité structurelle que Toulouse n’a jamais perdue
Les conditions de crédit expliquent en partie le rebond, mais elles n’en sont pas la seule cause. Toulouse bénéficie d’un socle démographique et économique qui la distingue de nombreuses villes comparables. Le bassin aéronautique et spatial, avec Airbus en tête de file, continue de générer des flux de cadres et d’ingénieurs dont beaucoup souhaitent s’installer à terme dans la région. À cela s’ajoute une tension locative chronique, alimentée par plus de 100 000 étudiants qui font de Toulouse l’une des villes universitaires les plus peuplées de France, ce qui pousse mécaniquement une partie des investisseurs à revenir sur le marché.
La métropole profite également de son positionnement géographique : entre mer et montagne, à deux heures de Barcelone par l’autoroute, dans une région Occitanie dont la qualité de vie continue d’attirer des ménages en provenance d’autres grandes villes françaises, notamment de Paris et de Lyon.
Un marché qui reste à deux vitesses
Cette reprise n’efface pas toutes les tensions. Le marché du neuf demeure en grande difficulté, avec des volumes de ventes encore en recul de près de 40 % depuis 2022 selon les données des Notaires d’Occitanie, et un prix médian autour de 4 050 euros le mètre carré qui reste hors de portée pour de nombreux ménages. Ce sont donc principalement les biens anciens bien situés et correctement valorisés qui trouvent preneur rapidement, tandis que les logements mal notés au DPE ou en périphérie éloignée continuent de peiner.
Pour les acheteurs qui hésitent encore, la question mérite d’être posée sérieusement : les conditions réunies à l’été 2026, taux stabilisés, offre disponible et vendeurs enclins à négocier, pourraient ne pas durer au-delà de la rentrée.










