EXCLUSIF. Depuis le printemps, régulièrement, des supérettes faisaient l’objet d’attaques à main armée à Toulouse. Les policiers avaient réuni suffisamment d’éléments pour interpeller, mardi, un homme âgé de 30 ans soupçonné de plusieurs braquages. Toxicomane, le suspect a finalement reconnu son implication. Présenté au parquet, il devrait être rapidement jugé devant le tribunal correctionnel de Toulouse.
Un face-à-face de quelques secondes, juste le temps de convaincre le caissier de remettre la recette du jour. Cette attaque remonte à samedi dernier, en début de soirée à Toulouse, avenue de Muret. À 21 h 30, l’homme a exposé son arme à feu, il a récupéré 350 euros avant de disparaître. Ce sera sa dernière agression. Il a en effet été arrêté mardi par les enquêteurs de la division de la criminalité territoriale.
Les policiers s’appuyaient sur une liste de cinq vols à main armée, commis de manière régulière depuis le mois de mars. Les investigations menées par les enquêteurs « vol violence » de la brigade de sûreté des biens avaient permis, voilà plusieurs semaines, de récupérer une cagoule à proximité d’un établissement qui venait d’être attaqué.
Un ADN sur une cagoule abandonnée
Un accessoire que portait le braqueur qui venait de rafler la caisse et qu’il avait abandonné dans une poubelle. Confié à la police scientifique, l’examen a permis de déterminer un ADN connu. Il restait à remonter l’adresse du suspect. Les investigations se sont encore accélérées après la dernière attaque du samedi 18 juillet.
Lors de sa première audition, ce garçon âgé de 31 ans qui se déplaçait à vélo a nié toute implication dans les vols. Mais entre les vêtements retrouvés, les enregistrements des caméras de vidéosurveillance des magasins, ceux de la ville, les témoignages des victimes et les tongs qu’il portait à chaque mauvais coup, les éléments à charge réunis par les enquêteurs ne manquaient pas.
Le suspect l’a compris et a finalement reconnu son implication dans six attaques à main armée. Seule l’arme utilisée, « factice » selon le braqueur, n’a pas été retrouvée lors des perquisitions. « Il affirme s’en être débarrassé après l’agression du week-end parce qu’il voulait arrêter. On n’est pas obligé de le croire », confie une source proche du dossier.
Braquage ou cure de désintoxication ?
« Il finançait sa consommation de drogue, principalement de la kétamine, avec l’argent de ses agressions », ajoute un policier. Quelques centaines d’euros à chaque vol. Il aurait même confié aux enquêteurs qu’il hésitait, à chaque fois, entre une nouvelle attaque à main armée ou une cure de désintoxication ! La kétamine, un puissant psychotrope qui était sa drogue préférée, ne l’a pas aidé à faire le bon choix.
Cette fois, il va devoir s’en passer. À l’issue de sa garde à vue, ce jeudi 23 juillet, il a été présenté en fin de matinée au parquet de Toulouse. Un temps envisagée, l’ouverture d’une information judiciaire a été écartée après les aveux du mis en cause. Défendu par Me Cécile Brandely, le mis en cause va être rapidement présenté devant le tribunal correctionnel pour cette série d’extorsions.













