Alors que les incendies continuent de ravager la Gironde, un vaste élan de solidarité s’organise pour venir en aide aux sinistrés. Évacuée en pleine nuit d’un camping de Lège-Cap-Ferret où elle passait ses vacances, une famille de Fronton, près de Toulouse, a choisi d’ouvrir les portes de sa maison aux personnes contraintes de fuir les flammes. On vous raconte.
« J’ai une chambre avec un lit double disponible. »
Les annonces fleurissent sur une plateforme d’entraide dédiée à l’hébergement des sinistrés des incendies en Gironde. Face aux flammes qui ravagent le département, l’élan de solidarité mobilise aussi de nombreux habitants de la région toulousaine.

Parmi eux, Morgane et François. Installés à Fronton avec leurs deux enfants de 12 et 14 ans, ils passaient une semaine de vacances au camping du Grand Crohot, à Lège-Cap-Ferret, lorsque l’incendie s’est dangereusement rapproché. En pleine nuit, ils ont dû évacuer leur mobil-home.
« On ne voyait plus le soleil, masqué par la fumée »
Le mercredi 22 juillet, en fin de journée, la famille aperçoit un immense nuage de fumée se rapprocher du camping.
« On jouait au tennis et on ne pouvait même plus voir le soleil, masqué par la fumée », raconte Morgane. « On s’est dit que le lendemain allait être compliqué mais on ne s’imaginait pas être évacués dans la nuit », décrit François. « Par chance, on a eu le temps de récupérer la majorité de nos affaires parce qu’on logeait dans un mobil-home », poursuit le père de famille. François salue le professionnalisme des secours et l’entraide qui s’est rapidement mise en place.
Les vacanciers sont alors dirigés vers la commune de Marcheprime, où ils sont accueillis dans la salle des fêtes.
Refusant de prendre la place d’une personne sans solution, Morgane et François décident de rentrer chez eux, à Fronton. De retour chez elle, la famille prend conscience de l’ampleur de la catastrophe. « Quand on rentre, on se dit qu’on a perdu seulement deux jours de vacances et puis on a laissé quelques affaires, ce n’est rien contrairement à certains habitants qui ont déjà tout perdu dans cette histoire. » À leur tour, la famille souhaite faire preuve de solidarité auprès des personnes contraintes d’évacuer.
« Les sinistrés seront en sécurité chez nous »
Pour venir en aide aux sinistrés, un internaute a lancé une plateforme d’entraide permettant de proposer un hébergement temporaire. En parcourant les réseaux sociaux, Morgane découvre cet annuaire et décide d’y publier une annonce.
« Après plusieurs jours passés dans une salle des fêtes, certains ont peut-être besoin de retrouver un peu de calme et de confort, tout en s’éloignant de chez eux pendant un temps », explique-t-elle. « Les sinistrés seront en sécurité chez nous. On a une grande maison avec deux chambres de libre », ajoute la mère de famille.

Leur annonce, publiée le samedi 25 juillet, a déjà suscité deux réponses. Désormais, la plateforme recense près de 1 000 propositions d’hébergement, non seulement autour du bassin d’Arcachon, mais aussi partout en France. Morgane et François sont loin d’être les seuls à se mobiliser. À ce jour, une quinzaine d’annonces ont déjà été publiées à Toulouse et dans son agglomération.
Depuis Toulouse, comment aider les personnes touchées par la catastrophe ?
Pour déposer une annonce sur un site d’entraide d’hébergements :
– Annuaire d’entraide hébergement
– Alabri
Le Secours populaire a lancé un appel à la solidarité. Pour la région toulousaine, vous pouvez contacter : Mélanie Tahtane – contact@spf-occitanie.org – 06 16 91 38 59
A l’exemple d’ Aucamville, certaines communes viennent également en aide aux sinistrés. Renseignez-vous auprès de votre mairie.















