À Valras-Plage, un drone de secours est testé pour épauler les sauveteurs en mer. Capable de transporter une bouée, de communiquer avec une victime et d’améliorer la surveillance des plages, ce nouvel outil pourrait compléter le dispositif de sécurité dès les prochaines saisons estivales.
Sur le littoral, les dispositifs de secours évoluent au fil des innovations technologiques. À Valras-Plage, une nouvelle solution a été testée pour accompagner les sauveteurs en mer : un drone capable d’apporter une première assistance lorsqu’un baigneur se retrouve en difficulté. Portée par la commune, l’Agglomération Béziers Méditerranée et l’entreprise Instadrone, cette expérimentation vise à déterminer si cet outil peut devenir un renfort efficace lors des interventions.
Une démonstration a récemment été organisée depuis le poste de secours central de la station balnéaire afin de présenter les possibilités offertes par cet appareil. L’expérimentation pourrait ainsi préfigurer de nouveaux usages des drones dans le domaine de la sécurité maritime.
Un drone pour apporter une première réponse avant l’arrivée des secours
Dans une situation de noyade ou de détresse en mer, le délai d’intervention constitue un élément déterminant. C’est précisément sur ce laps de temps que le drone développé par Instadrone entend agir, en apportant une aide immédiate, avant l’arrivée des sauveteurs.
Installé à proximité du poste de secours, l’appareil pourrait intervenir sur un secteur allant du phare de Valras-Plage jusqu’à la digue, soit une zone d’environ 2,5 kilomètres. Son fonctionnement repose sur deux missions complémentaires.
En surveillance, le drone peut effectuer des passages au-dessus de la zone de baignade afin d’offrir un regard supplémentaire aux équipes de sauvetage présentes sur la plage. Grâce aux données recueillies et aux images transmises en direct, il doit permettre de mieux identifier certaines situations inhabituelles et d’améliorer le suivi du plan d’eau.
En cas d’intervention, il peut être envoyé rapidement vers une victime afin de lui envoyer une bouée de sauvetage capable de supporter jusqu’à 100 kilos. Son équipement audio permet également à l’opérateur d’entrer en contact avec le baigneur, de le guider et de le rassurer en attendant la prise en charge par les secours.
Une innovation qui reste sous contrôle humain
Malgré son niveau d’automatisation, le drone ne fonctionne pas de manière indépendante. Chaque mission reste supervisée par un opérateur formé, qui conserve la maîtrise des opérations. La technologie vient donc compléter le dispositif existant, sans remplacer l’intervention humaine.
La Municipalité insiste d’ailleurs sur cette complémentarité. « C’est une technologie prometteuse », explique Daniel Ballester, maire de Valras-Plage. « Elle ne remplacera jamais les femmes et les hommes qui assurent la surveillance de nos plages, mais elle pourrait leur faire gagner un temps précieux lorsqu’une vie est en jeu », constate-t-il.
Adoptée par le conseil municipal, l’expérimentation doit se poursuivre jusqu’au 30 septembre 2026, sous réserve de l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires. Cette période permettra d’évaluer les performances du dispositif dans des conditions réelles avant d’envisager un éventuel déploiement plus large lors des prochaines saisons estivales.
Pour Instadrone, cette phase d’essai constitue une étape essentielle dans le développement de drones dédiés aux missions de protection des personnes. « Si ce dispositif permet de sauver ne serait-ce qu’une seule vie, alors notre engagement technique et toute notre démarche auront trouvé leur plus belle réussite », souligne Cédric Botella, directeur général de l’entreprise.
À travers cette expérimentation, Valras-Plage entend ainsi explorer de nouveaux moyens pour renforcer la sécurité sur ses plages, tout en conservant les sauveteurs et leur expertise au cœur du dispositif.















