La maternité de la clinique de L’Union entre dans ses derniers jours de fonctionnement. Le groupe Ramsay, propriétaire, a décidé de la fermer au 1er octobre et de transférer l’activité vers une autre de ses cliniques de l’agglomération toulousaine. Pour les salariées, cette période de transition est vécue difficilement, entre émotion et questions multiples sur les salaires et les plannings.
Le clap de fin approche pour la maternité de la clinique de L’Union sur la commune de Saint-Jean. Officiellement, à partir du 1er octobre, aucun bébé ne naîtra sur le site. Le groupe Ramsay, propriétaire de la clinique, transfère l’activité sur son autre établissement, la clinique Croix du Sud à Quint-Fonsegrives, située à quelques kilomètres.
Des césariennes et quelques déclenchements d’accouchements sont programmés pour ce début de semaine. Les derniers avant la fermeture du bloc obstétrical. Dans les rangs des professionnelles de santé, l’émotion est palpable. « Nous sommes à fleur de peau, c’est trop dur pour nous et ça se ressent jusque dans notre vie personnelle », témoigne une salariée qui redoute les prochains jours, ses derniers dans la structure. « La néonatologie est vide, on ne prend plus de bébé. Le dernier est parti la semaine dernière », confie-t-elle.
« Un flou artistique savamment entretenu »
Dans moins de trois semaines, 21 sages-femmes, puéricultrices et auxiliaires de puériculture intégreront l’équipe de la maternité de la clinique Croix du Sud. Un accord de transfert est encore en cours de négociation. « Mais, pour l’instant, tout se passe dans un flou artistique savamment entretenu », indique Sylvain Castella, représentant du personnel, élu au CSE (Comité social et économique) de la clinique de L’Union pour le syndicat Sud. « Les relations se tendent. Les salariées sont exaspérées de ne pas avoir de réponses aux mêmes questions qu’elles posent depuis des mois ». Dès l’annonce du transfert d’activité, au printemps, la direction de Ramsay avait assuré aux équipes le maintien de leur contrat de travail, de leur rémunération et de leur ancienneté.
Mais les salariées manifestent leur inquiétude, notamment sur le volet organisationnel. Lors d’une réunion, qui s’est tenue jeudi avec la direction des ressources humaines, les professionnelles de santé ont fait savoir qu’elles refusaient les nouveaux plannings jusqu’au mois de décembre.
« Des grilles complètement fantaisistes »
« On nous a transmis des grilles complètement fantaisistes, parfois il n’y avait même pas assez d’heures pour faire un temps plein. On nous a aussi indiqué qu’il faudrait revoir nos congés de Noël parce que ça ne passerait pas. Hors de question, ces congés ont été validés il y a plus de deux mois, ils n’ont qu’à faire appel à de l’intérim. Cette situation est très inconfortable à vivre », peste une puéricultrice.
La fermeture de la maternité de la clinique de L’Union intervient quelques semaines après celle de la clinique d’Occitanie, à Muret. La première avait enregistré 596 naissances en 2025, la seconde 160. Au 1er octobre, le département de la Haute-Garonne fonctionnera avec six maternités : le centre hospitalier Comminges Pyrénées à Saint-Gaudens, la clinique Croix du Sud à Quint-Fonsegrives, l’hôpital Joseph Ducuing, la clinique Rive Gauche et la clinique Ambroise Paré à Toulouse ainsi que l’hôpital Paule-de-Viguier du CHU de Toulouse, seule maternité de niveau 3 en Occitanie ouest.













