Deux voitures ont récemment terminé leur course dans des commerces de l’agglomération toulousaine après une erreur de manipulation. Un automobiliste, qui témoigne auprès de « La Dépêche » a, lui, pilé sur le périphérique en cherchant instinctivement l’embrayage. Avec la généralisation des boîtes automatiques et des véhicules électriques, faut-il mieux accompagner les conducteurs ?
La scène n’a duré que quelques secondes. Au volant d’une voiture électrique prêtée par son garage, Stéphane circule sur le périphérique extérieur de Toulouse. À hauteur des Minimes, près d’une sortie, son pied gauche cherche instinctivement la pédale d’embrayage de sa voiture habituelle. Mais il rencontre le frein.
« J’ai pilé et je me suis retrouvé totalement à l’arrêt sur le périphérique », raconte cet automobiliste toulousain d’une quarantaine d’années. Les véhicules qui le suivaient ont heureusement réussi à l’éviter. « Cela aurait pu provoquer un accident très grave.. Je me suis vu mourir. » À l’origine de cette frayeur : le passage, sans véritable adaptation, d’une boîte manuelle à une boîte automatique.
Deux voitures dans des vitrines
D’autres conducteurs ont récemment perdu leurs repères, avec des conséquences bien plus spectaculaires. Le 26 juin, avenue des États-Unis à Toulouse, une retraitée venue faire ses courses a confondu la marche avant et la marche arrière de son véhicule automatique. La voiture a traversé la vitrine du magasin Grand Frais. Le choc, très impressionnant, n’avait heureusement fait aucun blessé. Le 14 juillet, une voiture avait défoncé la vitrine d’une boucherie à Saint-Gaudens.
Le 20 août, à Castanet-Tolosan, un automobiliste qui tentait de se garer devant la boulangerie La Pasteline aurait, selon les premiers éléments recueillis, appuyé sur l’accélérateur au lieu du frein. Le SUV a défoncé la devanture avant de s’immobiliser dans le commerce. Cinq personnes ont été légèrement blessées et trois autres impliquées sont sorties indemnes. Le comptoir avait reculé d’environ un mètre.
Ces situations ne relèvent pas toutes du même mécanisme : certains conducteurs inversent les positions « D » et « R », d’autres confondent frein et accélérateur. Enfin, les habitués de la boîte manuelle peuvent chercher l’embrayage avec le pied gauche et écraser brutalement le frein.
« Le freinage n’est pas dosé »
« C’est l’erreur classique lors du passage d’une boîte manuelle à une automatique », explique Jean-Christian Meslet, directeur de l’Automobile Club du Midi, à Toulouse. « Le conducteur cherche l’embrayage, mais la pédale du milieu est le frein. Et comme on débraye habituellement à fond, le freinage n’est absolument pas dosé. Il peut être extrêmement puissant. »
L’erreur peut toucher tous les âges, comme le montre la mésaventure de Stéphane. Mais la transition peut être plus déstabilisante pour des automobilistes qui conduisent depuis plusieurs décennies avec trois pédales. « Les réflexes sont profondément installés », souligne Jean-Christian Meslet.
Avec l’essor des voitures électriques, toutes dépourvues de boîte manuelle traditionnelle, la question va devenir plus fréquente. L’expert ne plaide toutefois pas pour une formation obligatoire. « Cela paraît compliqué à mettre en œuvre. Je serais plutôt favorable à de la sensibilisation et à un apprentissage court pour ceux qui en ressentent le besoin. L’adaptation se fait généralement très rapidement. » Encore faut-il que les premiers kilomètres s’effectuent dans un environnement sécurisé, loin du périphérique ou d’une vitrine.
Les bons réflexes avant de prendre la route
Avant de conduire pour la première fois une voiture automatique, quelques minutes d’adaptation peuvent éviter une grosse frayeur. Le pied gauche doit rester posé sur le repose-pied : frein et accélérateur se commandent uniquement avec le pied droit. Avant de démarrer, mieux vaut identifier les positions du sélecteur : « P » pour le stationnement, « R » pour la marche arrière, « N » pour le point mort et « D » pour avancer. Jean-Christian Meslet conseille de réaliser les premières manœuvres sur un parking dégagé, à faible vitesse, afin de tester la sensibilité du frein et le comportement du véhicule. Il faut également conserver le pied sur le frein lorsque l’on sélectionne une direction et vérifier celle-ci sur le tableau de bord avant d’accélérer. En cas de doute ou de panique, le premier réflexe doit être de lever complètement le pied de l’accélérateur, puis de freiner progressivement.












