Deux ans après la disparition de Medhi Narjissi, la famille demande que l’enquête se poursuive. L’avocat de la famille maître Edouard Martial dit à ICI Occitanie qu’il attend de nouvelles auditions.
Un pèlerinage dans la douleur. Deux ans après de la disparition en Afrique du Sud de Mehdi Narjissi, sa famille se recueille ce vendredi 7 août devant la plaque commémorative adossée à un banc sur les hauteurs de la plage de Diaz Beach où l’espoir du Stade Toulousain était en stage avec les Bleuets. Deux ans après, les avocats de la famille demandent que l’enquête se poursuive. Ce sera au nouveau juge chargé de l’affaire de décider. Mais l’affaire Lyhanna dans le Gers sur laquelle le parquet d’Agen est également mobilisé pourrait perturber les avancées de l’affaire Narjissi. L’avocat de la famille maître Edouard Martial s’est confié à ICI Occitanie.
Où en est l’affaire deux ans après? Cette instruction est très longue et très complexe?
Vous avez raison. La procédure d’instruction menée par deux juges d’instruction successifs a marqué un tournant avec l’avis du dernier magistrat instructeur qui avait envisagé de clôturer sa procédure d’information en estimant qu’elle était complète. Elle nous a reçus et donc nous lui avons dit, Fanny Collin qui est également avocate de la famille Narjissi et moi même, que nous ne partageons pas du tout son avis et qu’il y avait plusieurs auditions qui nous semblaient extrêmement importante sous forme de demande d’actes et que surtout et par-dessus tout la mise en examen de Monsieur Florian Grill (président de la FFR, la Fédération française de rugby est déjà mise en examen, ndlr) pouvait être envisagé et c’est ce que nous avons demandé au Procureur de la République qui était présent lors de cette audition des parties civiles, d’envisager un réquisitoire supplétif qu’il adresserait au magistrat instructeur pour envisager la mise en examen éventuelle de Monsieur Florian Grill à titre personnel.
Vous avez formulé d’autres demandes d’acte, notamment vis à vis du voyagiste de la Fédération française de rugby?
Il travaillait depuis plusieurs années avec la FFR, qui connaissait parfaitement la plage de Diaz Beach et sa dangerosité toute particulière. Cela a marqué notre étonnement qu’il ait pu laisser tout le groupe des adolescents aller sur la plage dans ces conditions là. Et puis ensuite, nous avons demandé et nous demanderons dès le début du mois de septembre, la prise de fonction du magistrat instructeur, que plusieurs personnes soient entendues, notamment une dame témoin qui a rencontré la délégation des jeunes sur les marches de la plage de Diaz Beach et qui a attiré l’attention de certains des encadrants sur la dangerosité de cette plage et sur bien évidemment l’impossibilité de s’y baigner. Puis évidemment, les encadrants dans le cadre de la plainte qui a été déposé d’ores et déjà pour mise en danger de la vie d’autrui par un des jeunes garçons devenus majeurs. Nous entendons que cette mise en danger de la vie d’autrui puisse être évoquée vis à vis de tous les encadrants sur la plage qui ont laissé les enfants entrer, mais bien évidemment, ont participé avec eux et ont pataugé et se sont baignés dans cette plage réputée pour sa dangerosité.
Est-ce que vous pensez que vous allez être entendus dans vos demandes par le nouveau juge?
Pour l’instant, on ne peut pas savoir puisqu’il n’a pas pris ses fonctions et qu’il ne les prendra que le 1ᵉʳ septembre. Donc, il va falloir qu’il se plonge dans cette procédure parmi d’autres qui sont lourdes à l’heure actuelle sur les épaules du juge d’instruction d’Agen suite aux faits qui se sont déroulés dans le Gers et dont le côté dramatique n’a échappé à personne. Et donc, une fois qu’il aura pris la mesure du dossier, il faudra qu’il étudie nos demandes d’actes, qu’il voit avec le procureur de la République les conditions dans lesquelles le réquisitoire supplétif envisageant la mise en examen de Florian Gril à titre personnel doit être prononcé ou pas.
Du point de vue de vos clients, est-ce que des avancées judiciaires changeraient des choses et les aideraient à avancer dans leur deuil?
Ils sont dans une douleur finie que rien ne peut apaiser. Et ce qui leur permet de tenir, c’est la certitude que la justice va leur rendre justice et que les gens qui ont été à ce point imprudents, à ce point impardonnables au niveau de leur comportement alors même qu’ils avaient toutes les qualités requises, semble-t-il, pour encadrer des mineurs. Il faut que ces gens répondent de leurs actes. Et c’est en ce sens que la famille Narjissi mène ce combat et ils ne peuvent se satisfaire d’aucune manière d’une procédure d’information qui se terminerait de la sorte par trois mis en examen pour homicide involontaire, certes, mais qui ne répond pas à tous les manquements et à tous les dysfonctionnements et à toutes les fautes qui ont été commises ce jour là.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555













